quelques mois de la désignation du prochain secrétaire général des Nations Unies, l'ancien président du Sénégal, Macky Sall, accélère sa campagne diplomatique. Depuis plusieurs semaines, il multiplie les rencontres avec des dirigeants, ministres et diplomates de premier plan afin de consolider les soutiens à sa candidature. Cette offensive intervient dans un contexte où la succession d'António Guterres s'annonce particulièrement disputée, avec plusieurs personnalités internationales déjà officiellement en lice.
En l'espace d'une semaine, Macky Sall a rencontré les représentants de trois des cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies, à savoir la Chine, les États-Unis et la France. Il s'est également entretenu avec le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, illustrant une stratégie diplomatique visant à convaincre les États les plus influents dans le processus de désignation.
Le 6 juillet, à New York, l'ancien chef de l'État sénégalais a été reçu par Fu Cong, représentant permanent de la Chine auprès des Nations Unies. Cette rencontre s'inscrit dans le prolongement de son déplacement à Pékin, où il avait été accueilli quelques jours auparavant par Wang Yi, ministre chinois des Affaires étrangères. Lors de cette visite officielle, Macky Sall avait évoqué avec ses interlocuteurs plusieurs dossiers majeurs relatifs à la gouvernance mondiale, au renforcement du multilatéralisme et à l'avenir des Nations Unies.
À l'issue de son séjour en Chine, il avait également tenu à remercier le président Xi Jinping pour l'accueil qui lui avait été réservé ainsi que pour les facilités accordées durant cette visite. Cette étape chinoise apparaît comme un signal fort, Pékin occupant une place déterminante dans le processus de sélection du futur secrétaire général en raison de son droit de veto au Conseil de sécurité.
Le même jour, Macky Sall s'est entretenu avec Michael Waltz. Selon l'ancien président sénégalais, les discussions ont porté sur sa candidature, mais également sur plusieurs enjeux stratégiques concernant l'avenir de l'Organisation des Nations Unies. Les échanges ont notamment abordé les défis sécuritaires internationaux, les réformes institutionnelles de l'ONU et les moyens de renforcer l'efficacité de l'organisation face aux crises actuelles.
Toujours le 6 juillet, l'ancien président du Sénégal a rencontré Jérôme Bonnafont. Avec le diplomate français, les discussions ont essentiellement porté sur les mutations du système multilatéral, les tensions géopolitiques croissantes ainsi que les perspectives de modernisation de l'ONU. La France, autre membre permanent du Conseil de sécurité, demeure un acteur incontournable dans la recherche d'un consensus autour du futur secrétaire général.
Ces différentes rencontres témoignent d'une stratégie soigneusement élaborée. En s'adressant directement aux représentants des principales puissances diplomatiques, Macky Sall cherche à bâtir un réseau de soutiens avant les consultations décisives du Conseil de sécurité. Dans cette course où les équilibres géopolitiques jouent souvent un rôle plus déterminant que les campagnes publiques, chaque entretien revêt une importance particulière.
Quelques jours auparavant, le 2 juillet, Macky Sall avait effectué une visite officielle à Athènes où il a été reçu par le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis en présence du ministre des Affaires étrangères Giórgos Gerapetrítis. Les échanges ont porté sur les grands défis internationaux, notamment les conflits actuels, les questions de développement durable et le rôle des Nations Unies dans la préservation de la paix mondiale.
Selon Macky Sall, cette rencontre a permis de constater une convergence de vues entre les deux parties concernant la nécessité de renforcer le multilatéralisme dans un contexte international marqué par l'instabilité, les crises climatiques, les tensions économiques et les conflits régionaux. La Grèce, membre de l'Union européenne et actuellement engagée sur plusieurs dossiers internationaux, représente également un partenaire diplomatique de poids.
Depuis l'annonce de sa candidature, Macky Sall met en avant son expérience à la tête du Sénégal, son implication dans plusieurs initiatives africaines et internationales ainsi que son engagement en faveur du dialogue entre les nations. Durant ses deux mandats présidentiels, il a participé à de nombreux sommets internationaux consacrés au développement, à la sécurité, au climat et au financement des économies africaines.
Son parcours lui confère une solide connaissance des mécanismes diplomatiques internationaux. Il espère ainsi convaincre les États membres qu'il dispose du profil capable de conduire une organisation confrontée à des défis sans précédent. Les guerres, les crises humanitaires, les tensions entre grandes puissances, les conséquences du changement climatique et les inégalités économiques figurent parmi les principaux dossiers qui attendent le futur secrétaire général.
Le processus de désignation du successeur d'António Guterres est désormais entré dans sa phase décisive. Le mandat de l'actuel secrétaire général prendra fin le 31 décembre 2026 après deux mandats successifs. Conformément aux procédures des Nations Unies, les candidats sont auditionnés publiquement avant que le Conseil de sécurité n'engage plusieurs cycles de consultations informelles.
À l'issue de ces discussions, un seul candidat sera recommandé à l'Assemblée générale des Nations Unies. Toutefois, cette recommandation ne peut intervenir qu'à condition qu'aucun des cinq membres permanents du Conseil de sécurité — la Chine, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et la Russie — n'exerce son droit de veto. Ce mécanisme fait du consensus entre les grandes puissances un élément déterminant dans le choix final.
À ce stade, six candidatures sont officiellement enregistrées. Outre Macky Sall, la compétition rassemble Michelle Bachelet, ancienne présidente du Chili et ancienne Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme ; Rafael Grossi, directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique ; Rebeca Grynspan, actuelle secrétaire générale de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement ; María Fernanda Espinosa, ancienne présidente de l'Assemblée générale des Nations Unies ; ainsi que Carolyn Rodrigues-Birkett.
La diversité des profils illustre l'importance stratégique de cette succession. Plusieurs candidats disposent d'une longue expérience diplomatique au sein des institutions internationales, tandis que d'autres mettent en avant leur expérience gouvernementale ou leur connaissance des grands enjeux mondiaux.
Selon plusieurs observateurs, les candidatures latino-américaines pourraient bénéficier de la tradition non écrite de rotation régionale qui guide souvent le choix du secrétaire général. D'autres États plaident également pour qu'une femme accède pour la première fois à la tête des Nations Unies, estimant que cette évolution constituerait un signal fort en faveur de l'égalité des genres au sein des institutions internationales.
Toutefois, au-delà des considérations géographiques ou symboliques, la décision finale dépendra principalement des rapports de force entre les cinq membres permanents du Conseil de sécurité. Les négociations diplomatiques menées en coulisses seront donc déterminantes au cours des prochains mois.
Dans ce contexte, la multiplication des rencontres de Macky Sall avec les principaux acteurs de la diplomatie mondiale traduit sa volonté d'apparaître comme un candidat crédible, capable de rassembler les différentes sensibilités internationales. Sa campagne repose sur un message centré sur le dialogue, la réforme des Nations Unies, le renforcement du multilatéralisme et une gouvernance mondiale plus inclusive.
Alors que les consultations s'intensifient au siège des Nations Unies, chaque déplacement et chaque entretien pourraient contribuer à faire évoluer les équilibres diplomatiques. La désignation du prochain secrétaire général demeure l'une des échéances internationales les plus suivies de l'année, tant les attentes sont élevées face aux nombreux défis auxquels l'organisation est confrontée. Dans cette compétition de haut niveau, Macky Sall entend poursuivre son offensive diplomatique jusqu'aux dernières étapes du processus de sélection.

