DAKAR – L'ancien président de la République du Sénégal, Macky Sall, poursuit activement sa campagne diplomatique en vue de briguer le poste de Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies (ONU). Dans le cadre de cette démarche internationale, il a annoncé qu'il effectuera une visite au Sénégal le vendredi 17 juillet 2026, où il sera reçu par son successeur, le président Bassirou Diomaye Faye, pour un entretien consacré à sa candidature et aux enjeux internationaux liés à la gouvernance mondiale.
Cette visite, bien que de courte durée, revêt une importance particulière tant sur le plan diplomatique que politique. Elle intervient dans un contexte où le processus de désignation du futur chef des Nations Unies entre dans une phase décisive, à quelques mois de l'expiration du second mandat du secrétaire général sortant, António Guterres, prévue le 31 décembre 2026.
Dans un message publié mardi sur ses réseaux sociaux, consulté par plusieurs médias, Macky Sall a confirmé son déplacement à Dakar. Il a précisé que cette étape s'inscrit dans la série de consultations qu'il mène auprès des États membres des Nations Unies et des principaux acteurs de la diplomatie internationale afin de présenter sa vision de l'organisation et de recueillir des soutiens en faveur de sa candidature.
« Dans le cadre des consultations et visites que j'ai entreprises en rapport avec ma candidature au poste de Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies, je me rendrai au Sénégal le vendredi 17 juillet 2026 », a déclaré l'ancien chef de l'État sénégalais.
À travers cette déclaration, Macky Sall souligne la volonté de maintenir un dialogue avec les autorités de son pays tout en poursuivant une campagne qui dépasse largement les frontières nationales. L'ancien président considère en effet que le soutien de son pays d'origine constitue une étape importante dans la consolidation de sa crédibilité sur la scène internationale.
Au cours de son séjour à Dakar, Macky Sall rencontrera le président Bassirou Diomaye Faye, élu à la magistrature suprême en 2024. Cette entrevue sera l'occasion d'échanger sur les défis auxquels fait face l'Organisation des Nations Unies ainsi que sur les perspectives liées à la candidature sénégalaise à la tête de l'institution.
L'ancien président a tenu à remercier publiquement son successeur pour l'entretien qui lui sera accordé. Il a également adressé ses remerciements aux autorités religieuses et coutumières du Sénégal pour leurs prières, leurs bénédictions et leurs marques de soutien depuis l'annonce officielle de sa candidature.
Dans son message, Macky Sall a exprimé sa profonde reconnaissance à l'ensemble des Sénégalaises et des Sénégalais qui lui ont témoigné leur confiance au cours des dernières semaines. Il a assuré que cet élan de solidarité constitue pour lui une source de motivation supplémentaire dans cette compétition internationale particulièrement exigeante.
Toutefois, l'ancien chef de l'État a indiqué que son passage à Dakar sera relativement bref. Selon lui, les nombreuses rencontres diplomatiques programmées dans plusieurs capitales étrangères l'obligent à respecter un calendrier particulièrement chargé.
« Je quitterai Dakar immédiatement après mon entretien avec le président de la République, avant d'y revenir ultérieurement afin de rencontrer les militants, les sympathisants et tous ceux qui m'ont exprimé leur soutien », a-t-il précisé.
Depuis l'annonce de sa candidature, Macky Sall multiplie les déplacements à travers le monde afin de convaincre les principaux partenaires internationaux de soutenir son projet pour l'avenir des Nations Unies.
Le 2 juillet dernier, il s'est rendu à Athènes, où il a été reçu par le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis ainsi que par le ministre grec des Affaires étrangères, Giórgos Gerapetrítis. Les échanges ont porté sur les grands défis du multilatéralisme, les réformes nécessaires des institutions internationales et le rôle que pourrait jouer l'ONU dans la prévention des crises mondiales.
Quelques jours plus tard, le 6 juillet, Macky Sall a poursuivi sa campagne à New York, siège des Nations Unies. À cette occasion, il a rencontré plusieurs ambassadeurs représentant des membres influents du Conseil de sécurité.
Parmi eux figuraient notamment Fu Cong, représentant permanent de la Chine auprès de l'ONU, Michael Waltz, ambassadeur des États-Unis, ainsi que Jérôme Bonnafont, représentant permanent de la France.
Selon les informations communiquées par son entourage, ces entretiens ont permis d'aborder plusieurs questions majeures, notamment la réforme de la gouvernance mondiale, les défis sécuritaires, les crises humanitaires, le financement du développement durable ainsi que les perspectives d'évolution du système multilatéral.
Avant cette série de rencontres à New York, Macky Sall avait également effectué une visite officielle à Pékin, le 29 juin, où il avait été reçu par le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi. Cette étape chinoise s'inscrit dans sa stratégie visant à obtenir le soutien des cinq membres permanents du Conseil de sécurité, dont dépend en grande partie l'issue de l'élection.
Le processus de désignation du prochain Secrétaire général des Nations Unies est particulièrement exigeant. Après les auditions publiques des candidats organisées devant les États membres, le Conseil de sécurité entame désormais une série de consultations confidentielles destinées à identifier le candidat susceptible de faire consensus.
Conformément à la Charte des Nations Unies, le Conseil de sécurité ne transmettra qu'un seul nom à l'Assemblée générale, chargée ensuite de procéder à la nomination officielle.
Pour être désigné, le futur Secrétaire général devra obtenir l'appui des quinze membres du Conseil de sécurité, sans faire l'objet d'un veto de l'un des cinq membres permanents : la Chine, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et la Russie.
Cette règle fait de la diplomatie bilatérale un élément essentiel de toute campagne pour ce poste prestigieux. Les candidats doivent convaincre aussi bien les grandes puissances que les États membres des différentes régions du monde.
À ce stade, six personnalités sont officiellement candidates à la succession d'António Guterres.
Outre Macky Sall, figurent sur la liste Michelle Bachelet, ancienne présidente du Chili et ancienne Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme ; Rafael Grossi, directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) ; Rebeca Grynspan, secrétaire générale de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) ; María Fernanda Espinosa, ancienne présidente de l'Assemblée générale des Nations Unies ; ainsi que Carolyn Rodrigues-Birkett, ancienne ministre des Affaires étrangères du Guyana.
La candidature de Macky Sall constitue l'une des plus suivies sur le continent africain. Ancien président du Sénégal durant douze années, il bénéficie d'une solide expérience dans les domaines de la diplomatie, de la coopération internationale, de l'intégration régionale et de la gouvernance économique. Durant son mandat, il a également présidé l'Union africaine et participé à plusieurs médiations sur le continent.
Pour de nombreux observateurs, la campagne diplomatique engagée par l'ancien président témoigne de sa volonté de porter la voix de l'Afrique au sein des plus hautes instances internationales. Dans un contexte marqué par les conflits armés, les crises climatiques, les défis migratoires et les transformations géopolitiques, la future direction des Nations Unies sera appelée à jouer un rôle déterminant dans la recherche de solutions collectives.
La rencontre prévue entre Macky Sall et le président Bassirou Diomaye Faye constitue ainsi une étape symbolique de cette campagne internationale. Au-delà des considérations politiques nationales, elle illustre la place que le Sénégal entend continuer d'occuper dans les grands débats diplomatiques mondiaux. Les prochaines semaines seront décisives pour les différents candidats, alors que les consultations au sein du Conseil de sécurité devraient progressivement dessiner le profil du prochain Secrétaire général des Nations Unies, appelé à prendre ses fonctions le 1er janvier 2027.
