BAMAKO – À l'occasion de la commémoration des cinq années de gouvernance du président de la Transition, le général d'armée Assimi Goïta, les autorités maliennes ont présenté un bilan détaillé des réformes engagées dans les secteurs de la Défense et de la Sécurité. Lors d'un échange citoyen organisé lundi au Centre international de conférences de Bamako (CICB), les ministres en charge de ces départements ont dressé un état des lieux des principales réalisations accomplies depuis 2021, mettant en avant les investissements consentis pour moderniser les forces armées, renforcer les capacités opérationnelles des services de sécurité et améliorer les conditions de vie des personnels.
Cette rencontre, organisée dans un esprit de dialogue entre les autorités et les citoyens, a réuni plusieurs composantes de la société malienne, notamment des représentants des autorités traditionnelles, du Réseau des communicateurs traditionnels (Recotrade), de l'Association des anciens combattants, des militaires retraités, des veuves et victimes de guerre ainsi que du Conseil national de la jeunesse. L'objectif affiché était de présenter les avancées réalisées par le gouvernement de Transition tout en recueillant les préoccupations et les attentes des populations sur les questions de sécurité.
Prenant la parole au cours de cette rencontre, le ministre délégué auprès du ministre de la Défense et des Anciens combattants, le général Oumar Diarra, a insisté sur les importants investissements réalisés au profit des Forces armées maliennes (FAMa). Selon lui, la modernisation de l'appareil militaire constitue l'une des priorités majeures des autorités de la Transition afin de permettre aux forces nationales de mieux faire face aux défis sécuritaires auxquels le pays est confronté depuis plusieurs années.
Le responsable gouvernemental a cité plusieurs infrastructures stratégiques réalisées durant cette période. Parmi celles-ci figure notamment la construction de l'Hôpital d'instruction des armées de Banankoro, destiné à améliorer la prise en charge sanitaire des militaires et de leurs familles. Il a également évoqué la réalisation de nouveaux camps militaires à Dioïla et Konobougou, ainsi que la construction d'hôpitaux militaires de niveau 2 à Sévaré et Gao, des installations considérées comme essentielles pour renforcer le dispositif de soutien médical sur le terrain.
Le général Oumar Diarra a également souligné la construction de 1 000 logements sociaux destinés aux militaires à Kati, une initiative présentée comme une réponse aux préoccupations sociales des membres des forces armées. Selon lui, ces logements participent à l'amélioration des conditions de vie des soldats et de leurs familles, tout en renforçant leur motivation et leur engagement au service de la nation.
Au-delà des infrastructures, le ministre a mis en avant les efforts consentis pour développer les capacités opérationnelles des FAMa. Il a notamment rappelé la création de l'École de guerre, destinée à former les officiers supérieurs aux défis contemporains de la stratégie militaire, ainsi que l'édification du Mémorial des Armées, présenté comme un lieu de mémoire en hommage aux soldats tombés pour la défense de la patrie.
Le gouvernement affirme également avoir investi dans l'acquisition de nouveaux équipements militaires, notamment des vecteurs aériens, permettant de renforcer les capacités de surveillance, de reconnaissance et d'intervention des forces armées sur l'ensemble du territoire national. Ces acquisitions s'inscrivent dans une politique de modernisation progressive de l'outil de défense, visant à accroître l'autonomie opérationnelle du Mali.
De son côté, le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le général Daoud Aly Mohammedine, a présenté les réalisations enregistrées dans son département au cours des cinq dernières années. Selon lui, le ministère a procédé à la réalisation de 131 infrastructures au profit de la Police nationale, de la Gendarmerie nationale, de la Garde nationale et de la Protection civile.
Ces investissements concernent aussi bien la construction de nouveaux bâtiments administratifs que l'aménagement de postes de sécurité, de casernes et de centres opérationnels destinés à renforcer la présence des forces de sécurité sur le territoire national.
Le ministre a également annoncé l'acquisition d'importants équipements destinés au maintien de l'ordre et aux interventions d'urgence. Il a cité notamment des véhicules spécialisés, des ambulances, des camions de transport de troupes, des motos de patrouille, des équipements de secours ainsi que du matériel de protection destiné aux différentes unités opérationnelles.
Dans le domaine des ressources humaines, le gouvernement met en avant une politique ambitieuse de recrutement. Selon les chiffres communiqués par le ministre, plus de 15 000 agents ont été recrutés au sein de la Police nationale et de la Protection civile durant les cinq dernières années. À cela s'ajoutent 3 000 recrues actuellement en formation, qui viendront renforcer les effectifs dans les prochains mois.
Le général Daoud Aly Mohammedine a également rappelé l'entrée en vigueur de la loi d'octobre 2022 portant militarisation de la Police nationale et de la Protection civile, une réforme présentée comme un levier destiné à améliorer la discipline, l'efficacité opérationnelle et la coordination entre les différentes forces engagées dans la sécurisation du territoire.
Parmi les réformes administratives mises en avant figure également la mise en circulation du passeport biométrique ainsi que de la carte nationale d'identité biométrique de la Confédération des États du Sahel (AES). Selon les autorités, ces nouveaux documents contribuent à renforcer la sécurisation de l'identité des citoyens tout en facilitant les échanges au sein de l'espace communautaire regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger.
Évoquant la coopération internationale, le ministre a expliqué que le Mali privilégiait désormais le cadre de la Confédération des États du Sahel, tout en restant ouvert aux partenariats internationaux fondés sur le respect mutuel, la souveraineté nationale et les intérêts stratégiques du pays.
Les échanges avec les participants ont permis d'aborder plusieurs préoccupations liées à la sécurité nationale. Les représentants de la société civile, des autorités traditionnelles et de la jeunesse ont interrogé les responsables gouvernementaux sur l'état d'avancement des nouveaux camps militaires, les perspectives de recrutement, la disponibilité des logements sociaux destinés aux militaires ainsi que le rôle des jeunes dans la consolidation de la sécurité nationale.
La contribution des populations au renseignement a également été largement évoquée. Les autorités ont rappelé que la lutte contre l'insécurité nécessite une collaboration étroite entre les citoyens et les forces de défense et de sécurité. Elles ont encouragé les habitants à signaler toute activité suspecte susceptible de menacer la stabilité du pays.
Selon le compte rendu officiel de la rencontre, les différentes interventions du public ont, dans leur majorité, salué les efforts entrepris par les autorités de la Transition en matière de recrutement, de formation, d'équipement et d'amélioration des conditions de travail des forces de défense et de sécurité.
En clôture des échanges, les généraux Oumar Diarra et Daoud Aly Mohammedine ont réaffirmé l'engagement des autorités maliennes à poursuivre la modernisation des institutions chargées de la défense nationale et de la sécurité intérieure. Ils ont appelé l'ensemble des citoyens à demeurer vigilants, à renforcer leur coopération avec les services compétents et à contribuer activement à la préservation de la paix et de la stabilité.
Cinq ans après le début de la Transition, les autorités maliennes présentent ce bilan comme une illustration de leur volonté de renforcer les capacités nationales face aux défis sécuritaires. Si ces réalisations témoignent d'investissements importants dans les secteurs de la Défense et de la Sécurité, elles s'inscrivent dans un contexte où les enjeux liés à la stabilité, à la lutte contre les groupes armés et à la protection des populations demeurent au cœur des priorités du pays. Les prochains mois permettront d'évaluer l'impact de ces réformes sur l'amélioration durable de la situation sécuritaire au Mali.

