BAMAKO – L’état-major général des Armées maliennes a publié un premier bilan officiel des opérations militaires menées à la suite des attaques coordonnées du 4 juillet 2026 contre plusieurs positions des Forces armées maliennes (FAMa). Lors d’un point de presse organisé le vendredi 10 juillet, le chef d’état-major général des Armées, le général de division Elisée Jean Dao, a annoncé que les combats avaient coûté la vie à une trentaine de soldats maliens, tandis qu’une soixantaine d’autres militaires avaient été blessés. En parallèle, il a affirmé que plus d’un millier d’assaillants avaient été « neutralisés » au cours des opérations conduites entre le 4 et le 9 juillet.
Ce bilan, présenté comme provisoire, intervient après plusieurs jours d’intenses affrontements dans différentes régions du pays. Les opérations ont été déclenchées à la suite d’attaques simultanées visant plusieurs positions stratégiques de l’armée malienne, notamment les garnisons d’Aguel-Hoc, d’Anéfis, de Gao et de Sévaré, ainsi que l’établissement pénitentiaire de Kéniéroba. Ces offensives coordonnées figurent parmi les plus importantes enregistrées depuis plusieurs mois et témoignent de la capacité des groupes armés à mener des actions simultanées sur plusieurs fronts.
Selon les autorités militaires, les Forces armées maliennes ont immédiatement lancé une vaste contre-offensive afin de reprendre le contrôle des zones attaquées, de ravitailler les unités engagées sur le terrain et d’empêcher les groupes armés de consolider leurs positions. Le général Elisée Jean Dao a expliqué que ces opérations avaient également pour objectif de lever les encerclements subis par certaines garnisons et de réduire durablement les capacités opérationnelles des groupes armés impliqués dans ces attaques.
Au cours de son intervention, le chef d’état-major a indiqué que les combats avaient été particulièrement violents. Il a confirmé la mort d’une trentaine de militaires maliens et a précisé qu’environ soixante soldats avaient été blessés, certains se trouvant dans un état jugé grave. Aucun détail supplémentaire n’a toutefois été fourni concernant l’identité des victimes ni sur les unités concernées.
Le bilan communiqué par l’armée fait également état d’importantes pertes infligées aux groupes armés. Selon l’état-major, plus d’un millier d’assaillants ont été « neutralisés » durant les opérations. Ce terme, régulièrement employé dans les communiqués militaires, ne permet cependant pas de distinguer le nombre exact de combattants tués, blessés ou capturés au cours des affrontements.
Les autorités militaires ont par ailleurs affirmé avoir détruit une quantité importante de matériel appartenant aux groupes armés. Le général Dao a évoqué la destruction de 14 véhicules blindés, de 24 véhicules équipés d’armes lourdes, de plus d’une trentaine de véhicules tactiques ainsi que d’environ 300 motos, souvent utilisées par les combattants pour leurs déplacements rapides dans les zones désertiques du nord du pays.
Ce bilan provisoire rassemble les différentes informations publiées quotidiennement par le commandement militaire depuis le début de la contre-offensive. Dès le lendemain des premières attaques, l’état-major avait annoncé avoir neutralisé 163 combattants et attribué les offensives au Front de libération de l’Azawad (FLA) ainsi qu’au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), organisation affiliée à Al-Qaïda et active dans plusieurs pays du Sahel.
Les combats les plus intenses se sont concentrés dans la région de Kidal, notamment autour de la localité stratégique d’Anéfis, située sur un axe de circulation important reliant plusieurs zones du nord du Mali. Cette localité représente un enjeu majeur dans le dispositif militaire malien en raison de sa position géographique et de son importance logistique.
Pour la seule journée du 6 juillet, l’armée malienne affirme avoir conduit 35 frappes aériennes contre des positions identifiées comme appartenant aux groupes armés. Selon les chiffres communiqués par le commandement, ces opérations auraient permis la destruction de cinq véhicules blindés, d’une vingtaine de pick-up lourdement armés, de près d’une centaine de motos ainsi que la neutralisation de plus de 200 combattants.
Le général Elisée Jean Dao a indiqué que les Forces armées maliennes avaient réussi à reprendre le contrôle de la localité d’Anéfis après plusieurs jours d’affrontements. Il a précisé que des opérations de ratissage étaient toujours en cours afin de sécuriser définitivement la zone, de rechercher d’éventuels combattants dispersés et de prévenir toute nouvelle tentative d’attaque.
Les autorités militaires soulignent que les opérations se poursuivent également dans les autres secteurs concernés par les attaques du 4 juillet. L’objectif affiché est de restaurer la sécurité sur l’ensemble des axes stratégiques et de renforcer la présence des FAMa dans les régions les plus exposées aux actions des groupes armés.
Au-delà du volet strictement militaire, le chef d’état-major a formulé de nouvelles accusations concernant les moyens dont disposeraient les groupes armés. Selon lui, les importantes ressources logistiques observées sur le terrain laisseraient penser que ces organisations bénéficient de soutiens étrangers. Il a notamment évoqué l’utilisation d’équipements militaires sophistiqués et de moyens logistiques conséquents.
Toutefois, aucune preuve n’a été rendue publique pour étayer ces affirmations, et aucun État n’a été officiellement désigné comme étant impliqué dans un éventuel soutien aux groupes armés. Cette déclaration pourrait néanmoins alimenter les débats sur les réseaux de financement et d’approvisionnement des organisations opérant dans le Sahel.
Les attaques du 4 juillet interviennent dans un contexte sécuritaire toujours fragile au Mali. Depuis plusieurs années, le pays est confronté à des violences récurrentes impliquant des groupes armés actifs dans le nord et le centre du territoire. Malgré les nombreuses opérations militaires conduites par les FAMa et leurs partenaires, les attaques contre les positions militaires demeurent fréquentes.
Ces nouveaux affrontements surviennent moins de trois mois après une autre série d’attaques coordonnées menées le 25 avril 2026 contre plusieurs installations militaires et sécuritaires. À cette occasion, des sites situés à Bamako, Kati, Gao, Kidal et Sévaré avaient également été pris pour cible, illustrant la capacité des groupes armés à planifier des opérations simultanées sur plusieurs régions du pays.
Face à cette menace persistante, les autorités maliennes poursuivent le renforcement de leur dispositif militaire. Les opérations engagées depuis le début du mois de juillet visent non seulement à répondre aux attaques récentes, mais également à empêcher les groupes armés de reconstituer leurs capacités opérationnelles.
Le général Elisée Jean Dao a assuré que les Forces armées maliennes demeuraient pleinement mobilisées et que les opérations de poursuite, de reconnaissance et de sécurisation se poursuivraient aussi longtemps que nécessaire. Il a insisté sur la détermination des FAMa à protéger les populations civiles, à sécuriser les infrastructures stratégiques et à restaurer l’autorité de l’État dans les zones affectées par les violences.
Alors que les combats se poursuivent dans plusieurs secteurs, les autorités rappellent que le bilan présenté reste provisoire et pourrait évoluer en fonction des informations recueillies sur le terrain. Les prochains jours permettront de mesurer l’impact réel de cette vaste contre-offensive ainsi que les conséquences des attaques du 4 juillet sur la situation sécuritaire du Mali.
Cette nouvelle séquence militaire confirme que la lutte contre les groupes armés demeure l’un des principaux défis auxquels le Mali est confronté. Entre opérations de sécurisation, renforcement des capacités de défense et recherche d’une stabilité durable, les autorités poursuivent leurs efforts dans un environnement sécuritaire toujours marqué par une forte instabilité et des menaces persistantes sur plusieurs régions du pays.

