Santa Clara – Les États-Unis continuent d'écrire une belle histoire dans cette Coupe du monde. Au terme d'une rencontre intense et disputée, la sélection américaine s'est imposée 2-0 face à la Bosnie-Herzégovine mercredi soir en seizièmes de finale, validant ainsi son billet pour les huitièmes de finale. Réduits à dix joueurs pendant plus d'une demi-heure après l'expulsion de Folarin Balogun, les Américains ont fait preuve d'un remarquable esprit de solidarité avant de sceller définitivement leur succès grâce à un magnifique coup franc de Malik Tillman.
Cette victoire permet aux États-Unis de poursuivre leur parcours devant leur public et d'entretenir l'espoir de réaliser une performance historique dans cette édition de la Coupe du monde organisée en Amérique du Nord. Leur prochain défi s'annonce toutefois de taille puisqu'ils retrouveront la Belgique en huitièmes de finale, une équipe qui les avait éliminés après prolongation lors du Mondial 2014.
Le héros de la soirée est incontestablement Malik Tillman. Auteur d'une prestation pleine de caractère, le milieu offensif américain a inscrit le but décisif de la rencontre sur un splendide coup franc à la 82e minute. Son exploit est d'autant plus remarquable qu'il jouait avec une douleur importante au pied droit après avoir été violemment marché dessus quelques instants auparavant. Contraint de changer de chaussure et portant une chaussette ensanglantée, il a tout de même trouvé la lucarne avec une frappe parfaitement enroulée qui a laissé le gardien Nikola Vasilj sans véritable solution.
À l'issue de la rencontre, Tillman n'a pas caché son émotion. Il a confié qu'il rêvait depuis longtemps d'un tel moment sous le maillot américain. Il a expliqué avoir souvent travaillé les coups francs à l'entraînement et s'est réjoui d'avoir pu démontrer ses qualités dans un rendez-vous aussi important.
L'entraîneur américain Mauricio Pochettino s'est lui aussi montré particulièrement enthousiaste après cette qualification. Tout en célébrant avec ses joueurs au coup de sifflet final, il a rappelé que le football récompense souvent les équipes qui croient en leurs chances jusqu'au bout. Pour le technicien, cette victoire doit encourager ses joueurs à continuer de rêver avant leur prochain rendez-vous contre la Belgique.
Le match avait pourtant débuté de manière compliquée pour les Américains. Contrairement à leurs précédentes rencontres de groupe, où ils avaient pris rapidement l'avantage, ils ont subi les premières offensives bosniennes. Dès les premières minutes, le gardien Matt Freese a dû intervenir à deux reprises devant Ermedin Demirovic afin d'empêcher l'ouverture du score. Sur le corner qui a suivi, Kerim Alajbegovic est également passé tout près de surprendre la défense américaine.
Après cette entame délicate, les États-Unis ont progressivement retrouvé leur rythme grâce à l'activité de Folarin Balogun. Très présent dans les duels et constamment dangereux, l'attaquant s'est vu refuser un premier but à la 31e minute pour une position de hors-jeu. Il a également été bousculé à deux reprises dans la surface sans obtenir de penalty.
Ses efforts ont finalement été récompensés juste avant la pause. À la 45e minute, Tim Ream a intercepté une relance adverse au milieu du terrain avant de transmettre rapidement à Tyler Adams. Ce dernier a prolongé vers Malik Tillman, dont la passe, aidée par une intervention maladroite de la défense bosnienne et une légère déviation, est arrivée jusqu'à Balogun. L'attaquant n'a alors laissé aucune chance à Nikola Vasilj en glissant une frappe du pied gauche dans le petit filet.
Pour célébrer son troisième but dans cette Coupe du monde, Balogun a reproduit la célèbre célébration du « Silencer » popularisée par la star du basket LeBron James. Un geste qui a rapidement suscité une réaction enthousiaste de la légende américaine sur les réseaux sociaux.
Balogun aurait même pu inscrire un doublé dans le temps additionnel de la première période, mais sa tentative à bout portant est venue heurter la barre transversale avant de sortir.
Au retour des vestiaires, la rencontre a basculé à la 64e minute. À la suite d'un duel avec Tarik Muharemovic, Balogun a été expulsé après consultation de l'assistance vidéo. Les images ont montré que l'attaquant avait marché sur la cheville de son adversaire. Si le geste semblait involontaire, l'arbitre brésilien Raphael Claus a estimé qu'il méritait un carton rouge direct.
Cette décision a provoqué l'incompréhension du camp américain. Le milieu Weston McKennie a estimé après la rencontre que des actions similaires n'avaient pas été sanctionnées avec autant de sévérité depuis le début du tournoi. Il a regretté une décision qu'il juge discutable, même si son équipe est finalement parvenue à conserver son avantage.
Réduits à dix joueurs pendant plus de trente minutes, les Américains ont alors dû faire preuve d'une remarquable discipline défensive. Le capitaine Tim Ream a souligné le calme affiché par son équipe malgré l'infériorité numérique. Selon lui, aucun sentiment de panique ne s'est installé et les joueurs sont restés concentrés sur leur objectif jusqu'au coup de sifflet final.
La Bosnie-Herzégovine a naturellement tenté de profiter de cette supériorité numérique pour revenir dans la partie. Les occasions se sont multipliées, mais la défense américaine est restée particulièrement solide. Les interventions de Matt Freese, associées à une organisation défensive rigoureuse, ont permis aux États-Unis de préserver leur avantage.
À la 78e minute, Christian Pulisic pensait offrir un deuxième but à son équipe. Cependant, son but a été annulé pour une position de hors-jeu après vérification des arbitres.
Quatre minutes plus tard, Malik Tillman a définitivement mis fin au suspense. Malgré la douleur provoquée par un coup reçu au pied droit quelques instants auparavant, il a parfaitement exécuté un coup franc situé juste à l'entrée de la surface. Son tir a franchi le mur avant de rebondir légèrement sur la main du gardien bosnien Nikola Vasilj, incapable d'empêcher le ballon de terminer sa course au fond des filets.
Ce deuxième but a définitivement brisé les derniers espoirs de la Bosnie-Herzégovine, qui disputait seulement sa deuxième phase finale de Coupe du monde. Les Européens peuvent toutefois quitter la compétition avec un sentiment de fierté après avoir décroché un match nul contre le Canada puis une victoire face au Qatar, résultats qui leur avaient permis d'atteindre pour la première fois les matchs à élimination directe.
À l'issue de la rencontre, Nikola Vasilj a reconnu que son équipe avait cru pouvoir profiter de l'expulsion américaine pour revenir au score. Selon lui, les Bosniens ont eu plusieurs occasions intéressantes mais ont manqué d'efficacité dans le dernier geste. Il a estimé que le coup franc de Tillman, survenu à un moment particulièrement difficile, avait définitivement fait basculer la rencontre.
Cette victoire revêt également une importance historique pour les États-Unis. Mauricio Pochettino devient le premier sélectionneur américain à enregistrer trois victoires en Coupe du monde. Les Américains remportent seulement leur deuxième match à élimination directe dans l'histoire du tournoi, après leur succès contre le Mexique en huitièmes de finale en 2002. Leur meilleure performance reste toutefois la demi-finale atteinte lors de la toute première Coupe du monde en 1930.
Sur le plan individuel, Folarin Balogun confirme son excellente compétition avec un troisième but, égalant ainsi Landon Donovan lors du Mondial 2010. Seul Bert Patenaude, auteur de quatre réalisations en 1930, a fait mieux sous les couleurs américaines. Malheureusement pour les États-Unis, Balogun sera suspendu pour le prochain match face à la Belgique en raison de son carton rouge.
Malik Tillman s'est néanmoins montré confiant pour la suite de la compétition. Il a rappelé que l'effectif américain dispose de nombreux joueurs talentueux capables de remplacer Balogun et de continuer à porter l'équipe offensivement.
Enfin, ce succès met un terme à une longue série sans victoire des États-Unis contre une sélection européenne en Coupe du monde. Cette performance renforce la confiance d'un groupe ambitieux qui rêve désormais d'aller encore plus loin devant son public. Face à une Belgique expérimentée, les Américains auront l'occasion de prendre leur revanche sur l'élimination de 2014 et de poursuivre un parcours qui fait déjà vibrer tout un pays.

