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Le Nigéria rejoint la « Convergence Initiative » pour accélérer la transformation de son système alimentaire face au changement climatique

Abuja – Le Nigéria franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de développement durable en rejoignant officiellement la « Convergence Initiative », un programme international qui rassemble désormais 22 pays autour d’un objectif commun : harmoniser les politiques de transformation des systèmes alimentaires avec les stratégies nationales de lutte contre le changement climatique. Cette adhésion, annoncée mercredi à Abuja lors du Dialogue national sur la Convergence Initiative, traduit la volonté des autorités nigérianes de renforcer la sécurité alimentaire, de moderniser l’agriculture et d’améliorer la résilience du pays face aux effets grandissants des dérèglements climatiques.

Cette décision intervient dans un contexte où le Nigéria, première puissance démographique d’Afrique, est confronté à des défis majeurs. Avec une population qui pourrait dépasser 250 millions d’habitants d’ici 2030, le pays doit non seulement accroître sa production agricole pour répondre aux besoins alimentaires de sa population, mais aussi adapter son économie aux conséquences du réchauffement climatique, qui affectent déjà les rendements agricoles, les ressources en eau et les moyens de subsistance de millions de familles.

L’annonce officielle a été faite par la ministre d’État chargée du Budget et de la Planification économique, Doris Uzoka-Anite, qui a souligné que cette adhésion s’inscrivait pleinement dans les objectifs du Plan national de développement (PND) 2026-2030. Selon elle, ce nouveau cadre de coopération internationale permettra au Nigéria d’accélérer la modernisation de son secteur agricole tout en renforçant la cohérence entre les politiques alimentaires, climatiques et économiques.

Pour les autorités nigérianes, la sécurité alimentaire ne peut plus être dissociée des enjeux environnementaux. Les épisodes de sécheresse, les inondations, la dégradation des sols et les perturbations des saisons agricoles imposent désormais une nouvelle manière de concevoir le développement rural. La « Convergence Initiative » offre précisément un cadre permettant d’intégrer ces différentes dimensions dans une stratégie unique.

Selon Doris Uzoka-Anite, le programme favorisera l’élaboration de politiques publiques fondées sur des données scientifiques, tout en renforçant la coopération entre les institutions publiques, les universités, les centres de recherche, les organisations internationales et le secteur privé. Cette approche multidisciplinaire doit permettre de développer des solutions adaptées aux réalités locales et de soutenir une agriculture plus performante et plus résiliente.

« Il s’agit de construire une nation où aucun Nigérian ne se couche le ventre vide, où les agriculteurs prospèrent et où les communautés sont résilientes face aux chocs climatiques », a déclaré la ministre, résumant ainsi les ambitions du gouvernement.

Cette vision repose sur une transformation profonde du système alimentaire national, depuis la production jusqu’à la distribution, en passant par la transformation agroalimentaire, la logistique et la consommation. Les autorités souhaitent réduire les pertes post-récolte, améliorer l’accès aux marchés, promouvoir des techniques agricoles innovantes et renforcer les chaînes de valeur agricoles.

Le défi est d’autant plus important que le Nigéria demeure l’un des plus grands producteurs agricoles du continent africain. Pourtant, malgré ce potentiel considérable, le pays continue de faire face à une insécurité alimentaire persistante dans plusieurs régions, aggravée par les conflits, les déplacements de populations et les effets du changement climatique.

La ministre a rappelé que la croissance démographique rapide impose une augmentation significative de la production alimentaire au cours des prochaines années. Selon les projections, la population nigériane pourrait dépasser les 250 millions d’habitants avant la fin de la décennie, ce qui renforcera la pression sur les terres agricoles, les ressources hydriques et les infrastructures rurales.

Face à cette réalité, le gouvernement entend privilégier des politiques capables d’augmenter durablement les rendements agricoles tout en préservant les ressources naturelles. La gestion durable des terres, la diversification des cultures, le développement de systèmes d’irrigation modernes et l’utilisation de technologies agricoles intelligentes figurent parmi les priorités identifiées.

Le ministre d’État à l’Agriculture et à la Sécurité alimentaire, Aliyu Abdullahi, a insisté sur le rôle central que jouera l’agriculture intelligente face au climat dans cette transformation. Selon lui, la modernisation du secteur agricole passe par l’adoption de pratiques capables de réduire les émissions de gaz à effet de serre tout en améliorant la productivité.

Il a rappelé que les systèmes agroalimentaires représentent près de 40 % du produit intérieur brut (PIB) du Nigéria et concernent plus de 40 millions de ménages agricoles. Cette contribution considérable fait de l’agriculture un moteur essentiel de la croissance économique, de l’emploi, du commerce et de la lutte contre la pauvreté.

Pour le gouvernement, investir dans une agriculture plus résiliente revient également à investir dans la stabilité économique du pays. Les performances du secteur influencent directement les prix des denrées alimentaires, le pouvoir d’achat des ménages et la compétitivité de l’économie nationale.

La secrétaire permanente du ministère du Budget et de la Planification économique, Deborah Odoh, a pour sa part mis en avant la nécessité d’intégrer systématiquement les questions climatiques dans toutes les politiques agricoles.

Elle estime que cette approche permettra de renforcer la résilience des exploitations agricoles face aux aléas climatiques tout en limitant les effets de l’inflation alimentaire qui touche de nombreuses familles nigérianes.

« L’alimentation n’est pas seulement une nécessité pour les ménages ; elle constitue le socle de la sécurité nationale, de la santé publique et de la stabilité industrielle », a-t-elle déclaré.

Cette affirmation illustre la volonté des autorités de considérer la sécurité alimentaire comme un enjeu transversal qui dépasse le seul secteur agricole. Pour Abuja, garantir un approvisionnement alimentaire stable contribue également à réduire les tensions sociales, à soutenir la croissance industrielle et à renforcer la cohésion nationale.

Les Nations Unies ont également salué cette nouvelle étape. La directrice adjointe du Hub de coordination des systèmes alimentaires des Nations Unies, Lara Blancho Rothe, a rappelé que le Nigéria travaille activement depuis le Sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires de 2021 à la mise en œuvre d’une feuille de route ambitieuse.

Cette stratégie nationale comprend 78 actions prioritaires, élaborées à partir de plus de 40 dialogues nationaux et locaux organisés avec les différentes parties prenantes. Ces consultations ont permis d’identifier les principaux défis du système alimentaire nigérian et de proposer des solutions adaptées aux réalités économiques, sociales et environnementales du pays.

Selon Lara Blancho Rothe, l’adhésion à la « Convergence Initiative » permettra désormais d’accélérer la mise en œuvre de cette feuille de route en bénéficiant d’un cadre international de coopération, d’échange d’expériences et de mobilisation de ressources.

Le Dialogue national d’Abuja, organisé sous le thème « Rassembler les parties prenantes pour renforcer l’alignement entre la transformation des systèmes alimentaires et l’action climatique », constitue une étape importante dans ce processus.

La rencontre réunit des représentants du gouvernement, des organisations internationales, des institutions financières, des chercheurs, des organisations de producteurs, des entreprises privées et de la société civile. Tous partagent un objectif commun : mieux coordonner les politiques nationales afin de répondre simultanément aux défis alimentaires, climatiques et économiques.

Au niveau international, la Convergence Initiative cherche à rapprocher deux agendas mondiaux longtemps traités séparément : la lutte contre le changement climatique et la transformation des systèmes alimentaires. Cette approche intégrée vise à accélérer la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies ainsi que des engagements pris dans le cadre de l’Accord de Paris sur le climat.

Pour le Nigéria, cette adhésion représente bien plus qu’un simple engagement diplomatique. Elle traduit une volonté politique d’inscrire durablement la sécurité alimentaire, la résilience climatique et le développement agricole au cœur des priorités nationales. Si les objectifs fixés sont atteints, cette initiative pourrait contribuer à améliorer les conditions de vie de millions de Nigérians, renforcer la compétitivité du secteur agricole et faire du pays un acteur majeur de la transition vers des systèmes alimentaires durables en Afrique. Dans un contexte mondial marqué par les incertitudes climatiques et les tensions sur les marchés alimentaires, Abuja entend ainsi démontrer que développement économique, protection de l’environnement et sécurité alimentaire peuvent progresser de manière complémentaire au bénéfice des générations présentes et futures.

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