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CAN 2027 : le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie préparent un visa commun pour faciliter la circulation des supporters

Nairobi – À moins de deux ans de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2027, les préparatifs s’intensifient au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie, les trois pays qui accueilleront conjointement la plus prestigieuse compétition du football africain. Au-delà de la modernisation des infrastructures sportives et des réseaux de transport, les autorités réfléchissent désormais à un dispositif inédit destiné à simplifier les déplacements des visiteurs : la création d’un visa régional commun permettant aux supporters, aux équipes, aux officiels et aux touristes de circuler librement entre les trois pays pendant le tournoi.

Cette initiative, soutenue par le président ougandais Yoweri Museveni, constitue l’un des projets les plus ambitieux liés à l’organisation de la CAN 2027. Si elle est mise en œuvre, elle représentera une avancée majeure pour l’intégration régionale en Afrique de l’Est, tout en renforçant l’attractivité touristique de la compétition. Plus qu’une simple mesure administrative, ce futur « visa CAN » pourrait devenir un symbole de coopération entre les États membres de la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE) et servir de modèle pour de futures politiques de libre circulation sur le continent.

Une première historique pour l’Afrique de l’Est

L’édition 2027 de la Coupe d’Afrique des nations revêt une importance particulière. Pour la première fois depuis près d’un demi-siècle, l’Afrique de l’Est accueillera la compétition continentale. Le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie ont obtenu l’organisation conjointe du tournoi sous le slogan « Pamoja », qui signifie « ensemble » en swahili.

Ce choix reflète la volonté des trois pays de présenter une candidature commune fondée sur la solidarité régionale et le partage des infrastructures. La dernière fois qu’une CAN avait été organisée dans cette partie du continent remonte à 1976, lorsque l’Éthiopie avait accueilli la compétition.

Depuis l’attribution officielle du tournoi, les gouvernements des trois États multiplient les investissements afin de répondre aux exigences de la Confédération africaine de football (CAF). Les travaux concernent notamment la rénovation des stades, la modernisation des aéroports, l’amélioration des réseaux routiers et ferroviaires ainsi que le développement des capacités hôtelières.

Un visa unique pour trois pays

Parmi les innovations actuellement étudiées figure la création d’un permis de voyage unique permettant aux visiteurs d’entrer dans les trois pays sans avoir à solliciter plusieurs visas distincts.

Le président ougandais Yoweri Museveni a appelé à l’ouverture de discussions avec les gouvernements du Kenya et de la Tanzanie afin de finaliser ce projet avant le début de la compétition.

L’objectif est simple : permettre aux supporters de suivre facilement les rencontres disputées dans différents pays sans être confrontés aux lourdeurs administratives liées aux formalités d’immigration.

Aujourd’hui, un supporter souhaitant assister à plusieurs matchs organisés successivement au Kenya, en Ouganda puis en Tanzanie doit accomplir plusieurs démarches administratives distinctes. Avec un visa régional unique, ces obstacles disparaîtraient, offrant une expérience beaucoup plus fluide aux visiteurs internationaux.

Cette simplification profiterait également aux délégations sportives, aux journalistes, aux partenaires commerciaux, aux bénévoles ainsi qu'aux milliers de travailleurs mobilisés pour l’organisation de l’événement.

Une opportunité pour le tourisme régional

Au-delà du football, ce projet vise également à stimuler le secteur touristique.

Le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda disposent d’un patrimoine naturel exceptionnel, comprenant notamment le parc national du Serengeti, le mont Kilimandjaro, les gorilles des montagnes de Bwindi, le lac Victoria, les plages de Zanzibar ou encore les réserves naturelles du Maasai Mara.

Grâce à un visa unique, les visiteurs pourraient prolonger leur séjour afin de découvrir plusieurs destinations touristiques au cours d’un même voyage.

Les autorités estiment que cette approche contribuera à augmenter les recettes touristiques bien au-delà de la durée de la compétition.

Les agences de voyages préparent déjà des circuits combinant matchs de football, safaris, découvertes culturelles et séjours balnéaires, une offre qui pourrait séduire des centaines de milliers de visiteurs étrangers.

Plus de 1,5 million de supporters attendus

Selon les estimations de la Confédération africaine de football, la CAN 2027 devrait attirer plus de 1,5 million de supporters en déplacement.

La compétition bénéficiera également d'une audience mondiale estimée à 3,2 milliards de téléspectateurs, confirmant son statut d'événement sportif majeur.

Une telle affluence représente une formidable opportunité économique pour les trois pays organisateurs.

Les secteurs de l’hôtellerie, de la restauration, des transports, du commerce et des services devraient connaître une forte croissance durant la compétition.

Les gouvernements espèrent également que les investissements réalisés pour la CAN laisseront un héritage durable sous forme d’infrastructures modernes profitant aux populations bien après la fin du tournoi.

L’Ouganda accélère les investissements

Parmi les trois pays organisateurs, l’Ouganda figure déjà parmi les plus avancés dans les préparatifs.

Les autorités ont annoncé avoir investi 43 millions de dollars dans les infrastructures liées à la CAN.

Ces investissements concernent principalement la rénovation des enceintes sportives, l’amélioration des routes, le développement des réseaux de transport urbain ainsi que le renforcement des capacités d’accueil.

Le Kenya poursuit également d'importants travaux dans plusieurs stades de Nairobi, Kisumu et Eldoret, tandis que la Tanzanie modernise ses installations sportives à Dar es Salaam, Arusha et Zanzibar.

Les trois gouvernements disposent d’un calendrier serré.

La CAF leur a fixé la date du 31 décembre 2026 pour achever les principaux travaux.

Une inspiration venue du visa touristique d’Afrique de l’Est

Le projet de visa commun ne part pas de zéro.

Il s’inspire directement du visa touristique pour l’Afrique de l’Est, lancé en 2014 par le Kenya, l’Ouganda et le Rwanda.

Ce document, valable 90 jours et proposé au tarif de 100 dollars, permet aux voyageurs de circuler librement entre les trois pays participants.

La Tanzanie n’avait toutefois pas rejoint cette initiative.

Avec la CAN 2027, les trois pays coorganisateurs souhaitent adapter temporairement ce modèle afin d’inclure également la Tanzanie.

Cette expérimentation pourrait servir de laboratoire à une future politique permanente de libre circulation au sein de la Communauté d’Afrique de l’Est.

Une intégration régionale renforcée

Les spécialistes considèrent que cette initiative dépasse largement le cadre du football.

Elle pourrait accélérer les efforts d’intégration économique déjà engagés par la Communauté d’Afrique de l’Est.

Depuis plusieurs années, la CAE œuvre à faciliter les échanges commerciaux, les investissements et la mobilité des citoyens.

La création d’un visa commun pendant la CAN constituerait une démonstration concrète de cette coopération.

Les entreprises régionales pourraient également bénéficier de cette simplification des déplacements, notamment dans les secteurs du tourisme, de la logistique, des transports et du commerce.

Une coordination indispensable

Pour assurer le succès du dispositif, les trois États devront harmoniser leurs procédures d’immigration.

Cela implique une coopération étroite entre les services de sécurité, les autorités douanières, les administrations chargées des visas ainsi que les postes-frontières.

Les systèmes informatiques devront être compatibles afin de permettre une vérification rapide des documents de voyage.

Les gouvernements travaillent également sur des mécanismes communs de contrôle afin de garantir un haut niveau de sécurité tout en évitant les longues files d’attente aux frontières.

Cette coordination représente l’un des principaux défis techniques du projet.

Une vitrine internationale pour l’Afrique de l’Est

L’organisation de la CAN 2027 constitue une occasion unique de promouvoir l’image du Kenya, de l’Ouganda et de la Tanzanie sur la scène internationale.

Les trois pays souhaitent démontrer leur capacité à accueillir un événement sportif d’envergure mondiale dans des conditions optimales.

La mise en place d’un visa commun renforcerait cette image d’ouverture et d’intégration régionale.

Elle enverrait également un signal positif aux investisseurs étrangers en montrant que les États d’Afrique de l’Est sont capables de coordonner leurs politiques publiques autour de projets communs.

Un héritage durable au-delà du football

Si le projet aboutit, ses effets pourraient largement dépasser la durée de la compétition.

Les autorités envisagent déjà que cette expérience serve de base à une réflexion plus large sur la libre circulation des personnes au sein de la Communauté d’Afrique de l’Est.

Une telle évolution favoriserait les échanges commerciaux, le tourisme, les investissements et les déplacements professionnels entre les pays membres.

Elle contribuerait également à renforcer l’intégration économique régionale, objectif inscrit parmi les priorités de la CAE.

En préparant conjointement la CAN 2027 sous la bannière « Pamoja », le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie ambitionnent donc de faire bien plus qu’organiser un tournoi de football. À travers le projet de visa régional commun, les trois nations souhaitent transformer cet événement sportif en un véritable catalyseur de coopération, de développement économique et de rapprochement entre les peuples. Si cette initiative est mise en œuvre avec succès, elle pourrait devenir l’un des principaux héritages de la CAN 2027 et inspirer d’autres régions africaines à renforcer, elles aussi, la libre circulation et l’intégration continentale.

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