Seattle, États-Unis – La Bosnie-Herzégovine a franchi une étape importante de son histoire footballistique en s’imposant face au Qatar sur le score de 3 buts à 1 lors de la dernière journée du groupe B de la Coupe du monde. Grâce à cette victoire convaincante obtenue mercredi à Seattle, la sélection bosnienne conserve de solides chances de se qualifier pour les seizièmes de finale de la compétition, une première historique pour cette nation qui ne participe qu’à sa deuxième Coupe du monde.
Dans ce tournoi élargi réunissant davantage de sélections que lors des éditions précédentes, les huit meilleurs troisièmes de groupe accèdent à la phase à élimination directe. En terminant à la troisième place de leur groupe avec cette victoire décisive, les Bosniens ont considérablement amélioré leurs perspectives de qualification.
Si leur billet pour les phases finales venait à être confirmé à l’issue des derniers matchs de groupe, ils pourraient affronter l’un des pays organisateurs du tournoi : les États-Unis. Une affiche prestigieuse qui constituerait un rendez-vous historique pour une équipe en pleine progression sur la scène internationale.
Une victoire maîtrisée
Face à un Qatar déjà en difficulté depuis le début du tournoi, la Bosnie-Herzégovine a rapidement montré ses intentions offensives. Les hommes de Sergej Barbarez savaient que seule une victoire pouvait leur permettre d’espérer poursuivre leur aventure mondiale.
Après plusieurs occasions dangereuses en début de rencontre, l’ouverture du score est finalement intervenue à la 29e minute grâce à la révélation du tournoi, Kerim Alajbegovic. Âgé de seulement 18 ans, le jeune attaquant a décoché une frappe puissante à près de vingt mètres du but adverse, surprenant le gardien qatari Mahmud Abunada au premier poteau.
Ce but revêt une importance particulière puisqu’il permet à Alajbegovic d’entrer dans l’histoire du football mondial. Le jeune Bosnien devient l’un des plus jeunes buteurs de l’histoire de la Coupe du monde et le plus jeune joueur de son pays à trouver le chemin des filets dans cette compétition.
Portée par cette ouverture du score, la Bosnie-Herzégovine a continué à exercer une pression constante sur la défense qatarie. Cinq minutes plus tard, à la 34e minute, Sead Kolasinac a adressé un centre précis vers le second poteau. L’expérimenté Edin Dzeko a repris le ballon de volée avant qu’il ne soit dévié involontairement par le défenseur qatari Sultan Al-Brake dans ses propres filets.
Avec deux buts d’avance, les Bosniens semblaient alors contrôler parfaitement la rencontre.
Le Qatar réagit mais ne renverse pas la tendance
Malgré une campagne difficile marquée par plusieurs contre-performances, le Qatar n’a pas abandonné. Les champions d’Asie ont tenté de réagir avant la pause afin de maintenir un mince espoir de revenir dans le match.
Le capitaine Hassan Al Haydos a ainsi réduit l’écart à la 42e minute grâce à une action bien construite. Son but a permis aux Qataris de regagner les vestiaires avec davantage de confiance.
Cette réalisation a offert quelques instants de suspense aux spectateurs présents dans le stade de Seattle. Toutefois, la seconde période a confirmé la supériorité de la Bosnie-Herzégovine.
Solides défensivement et disciplinés tactiquement, les Bosniens ont empêché leurs adversaires de se créer de véritables occasions de but. Les efforts du Qatar se sont progressivement heurtés à une organisation défensive rigoureuse.
Alors que le match approchait de son terme, Ermin Mahmic a définitivement scellé le sort de la rencontre à la 80e minute. Déjà auteur d’un but lors de la défaite contre la Suisse quelques jours plus tôt, l’attaquant bosnien a récidivé en inscrivant le troisième but de son équipe.
Cette réalisation a mis fin aux espoirs qataris et permis aux supporters bosniens de célébrer une victoire qui pourrait avoir des conséquences historiques.
Un rêve de qualification historique
La Bosnie-Herzégovine n’a participé qu’une seule fois auparavant à la Coupe du monde, lors de l’édition 2014 organisée au Brésil. À l’époque, l’équipe avait quitté la compétition dès le premier tour malgré des performances encourageantes.
Douze ans plus tard, la situation est bien différente. Sous la direction de Sergej Barbarez, la sélection bosnienne affiche davantage de maturité, d’expérience et d’ambition.
À l’issue de la rencontre, le sélectionneur a préféré rester prudent concernant une éventuelle confrontation avec les États-Unis lors du prochain tour.
« Je ne souhaite pas spéculer pour l’instant sur une éventuelle rencontre contre les États-Unis. Il est préférable d’attendre la fin de tous les matchs afin de savoir si nous allons effectivement nous qualifier et connaître notre adversaire », a déclaré Barbarez devant les journalistes.
Le technicien bosnien a néanmoins souligné la confiance qui règne actuellement au sein du groupe.
« Tout ce qui nous arrive actuellement est un bonus. Nous jouerons sans pression et nous essaierons de poser des problèmes à n’importe quelle équipe. Notre objectif reste de gagner chaque match. Nous avons suffisamment confiance en nous pour affronter n’importe quel adversaire », a-t-il ajouté.
Le Qatar quitte la compétition sans victoire
Pour le Qatar, cette défaite marque la fin d’un tournoi particulièrement décevant. Après plusieurs années d’investissements importants dans le développement du football national, la sélection qatarie n’a pas réussi à remporter la moindre rencontre durant cette Coupe du monde.
Les difficultés rencontrées par l’équipe ont été accentuées par plusieurs incidents disciplinaires. Plus tôt dans la journée, les instances du football mondial ont annoncé la suspension du milieu de terrain qatari Assim Madibo pour cinq matchs.
Cette sanction fait suite à un tacle dangereux lors de la rencontre disputée le 18 juin contre le Canada. L’intervention du joueur avait provoqué une grave blessure du milieu canadien Ismaël Koné, victime d’une fracture à la jambe.
Cette décision disciplinaire constitue un nouveau coup dur pour une sélection qatarie déjà fragilisée par ses résultats sportifs.
Les États-Unis dans l’attente
Pendant ce temps, les regards se tournent désormais vers les phases finales de la compétition. Les États-Unis, l’un des pays hôtes du tournoi, pourraient croiser la route de la Bosnie-Herzégovine lors du prochain tour.
Le scénario s’est précisé après la victoire de la Suisse contre le Canada lors de l’autre rencontre du groupe. Cette défaite canadienne a contraint le pays coorganisateur à terminer à la deuxième place du classement, l’obligeant à disputer son prochain match sur le sol américain.
Une éventuelle confrontation entre les États-Unis et la Bosnie-Herzégovine constituerait l’une des affiches les plus intrigantes du premier tour à élimination directe. D’un côté, une nation organisatrice portée par son public. De l’autre, une équipe bosnienne en quête d’un exploit historique.
Quoi qu’il advienne dans les prochains jours, la victoire obtenue à Seattle restera comme l’un des moments marquants de l’histoire du football bosnien. Pour la première fois depuis son indépendance, la Bosnie-Herzégovine se retrouve aux portes d’une qualification pour la phase finale d’une Coupe du monde, symbole des progrès accomplis par une génération déterminée à écrire sa propre légende sur la scène internationale.

