À un moment où les défis sanitaires demeurent au cœur des priorités des États africains, la République de Guinée et la République Arabe d’Égypte entendent consolider davantage leur coopération dans le domaine de la santé publique. Cette volonté commune s’est illustrée ce jeudi 14 mai 2026 à Conakry, à l’occasion d’une audience accordée par la Ministre de la Santé et de l’Hygiène Publique, Khaïté Sall, à Son Excellence Mohammad S. Elhalawani.
La rencontre, tenue dans un climat de cordialité et de coopération, a permis aux deux personnalités d’aborder plusieurs axes stratégiques liés au développement du système sanitaire guinéen ainsi qu’aux opportunités de partenariat entre Conakry et Le Caire. À travers cette audience, les autorités des deux pays affichent clairement leur ambition de bâtir une coopération durable, orientée vers le transfert de compétences, l’amélioration des infrastructures sanitaires et le renforcement des capacités des professionnels de santé.
Une coopération sanitaire en pleine dynamique
Depuis plusieurs années, la Guinée multiplie les initiatives pour moderniser son système de santé et améliorer l’accès aux soins pour les populations. Dans cette dynamique, le partenariat avec l’Égypte apparaît comme un levier important, notamment en raison de l’expérience reconnue du pays nord-africain dans plusieurs spécialités médicales.
Au cours des échanges, les discussions ont porté sur le renforcement de la coopération sanitaire bilatérale dans plusieurs domaines prioritaires. Parmi eux figurent la formation des médecins et agents de santé, le développement du secteur pharmaceutique ainsi que la lutte contre les hépatites virales, un enjeu majeur de santé publique sur le continent africain.
La Ministre Khaïté Sall a insisté sur la nécessité de renforcer les compétences techniques des professionnels guinéens afin d’améliorer la qualité des soins dans les structures hospitalières du pays. Elle a souligné que le Gouvernement guinéen reste engagé dans une vaste réforme visant à rendre le système sanitaire plus performant, plus accessible et plus résilient face aux crises sanitaires.
L’ambassadeur égyptien, Mohammad S. Elhalawani, a quant à lui réaffirmé la disponibilité de son pays à accompagner la Guinée dans cette dynamique de transformation sanitaire. Il a mis en avant les nombreuses possibilités de coopération existantes entre les deux États, notamment dans le domaine de la médecine spécialisée, de la formation universitaire et de l’industrie pharmaceutique.
La formation des professionnels de santé au centre des priorités
L’un des points majeurs évoqués lors de cette audience concerne la formation des ressources humaines dans le secteur de la santé. Face aux besoins croissants en personnel qualifié, les autorités guinéennes souhaitent développer davantage les partenariats internationaux afin de permettre aux médecins, infirmiers et techniciens de santé d’accéder à des formations de haut niveau.
Dans cette optique, l’Égypte pourrait accueillir des stagiaires et des professionnels guinéens au sein de ses établissements hospitaliers et universitaires spécialisés. Ces formations pratiques devraient permettre aux bénéficiaires d’acquérir des compétences avancées dans plusieurs disciplines médicales, notamment la chirurgie, la gastro-entérologie, l’hépato-gastroentérologie, l’imagerie médicale ou encore la gestion hospitalière.
Les deux parties ont également évoqué des programmes de partage d’expertises médicales, incluant des missions de spécialistes égyptiens en Guinée ainsi que des sessions de formation continue destinées aux personnels sanitaires guinéens.
Cette coopération pourrait contribuer à réduire certaines insuffisances observées dans les structures sanitaires nationales, tout en favorisant le transfert de savoir-faire et l’introduction de nouvelles pratiques médicales adaptées aux réalités locales.
Les hépatites virales, un défi majeur de santé publique
La question de la prise en charge des hépatites virales a également occupé une place importante dans les discussions entre les deux responsables. Ces maladies demeurent aujourd’hui une préoccupation majeure dans plusieurs pays africains, où des milliers de personnes vivent avec des formes chroniques souvent diagnostiquées tardivement.
Grâce à son expérience dans la lutte contre l’hépatite C, l’Égypte est devenue ces dernières années une référence sur le continent africain. Le pays a notamment mené de vastes campagnes de dépistage et de traitement qui ont permis de réduire significativement la prévalence de cette maladie au sein de sa population.
La Guinée souhaite désormais s’inspirer de certaines stratégies égyptiennes afin de renforcer ses propres programmes de prévention, de dépistage et de traitement des hépatites virales. Une collaboration dans ce domaine pourrait permettre d’améliorer l’accès aux médicaments, d’accroître les capacités de diagnostic et de sensibiliser davantage les populations aux risques liés à ces pathologies.
Pour les autorités sanitaires guinéennes, cette coopération représente un pas important vers l’amélioration globale des indicateurs de santé publique et la réduction des maladies transmissibles.
Des perspectives importantes lors des rencontres sanitaires prévues en Égypte
Les échanges ont aussi porté sur les opportunités de partenariat prévues lors des prochaines rencontres sanitaires qui se tiendront du 15 au 18 juin prochain en Égypte. Ces événements devraient réunir plusieurs acteurs du secteur médical africain et international autour des enjeux liés à la modernisation des systèmes de santé.
La participation guinéenne à ces rencontres pourrait permettre d’explorer de nouveaux axes de coopération avec les institutions sanitaires égyptiennes, les universités de médecine ainsi que les entreprises pharmaceutiques.
Les autorités des deux pays envisagent également de renforcer les investissements dans le secteur de la santé, notamment dans les domaines de la production pharmaceutique, des équipements médicaux et de la digitalisation des services sanitaires.
Pour la Guinée, ces perspectives constituent une opportunité importante de diversification des partenariats et de mobilisation de nouvelles expertises au service du développement national.
Une diplomatie sanitaire au service du développement
Au-delà des aspects purement médicaux, cette audience illustre également l’importance croissante de la diplomatie sanitaire dans les relations entre États africains. Dans un contexte marqué par les défis liés aux pandémies, aux maladies chroniques et à l’accès aux soins, les coopérations régionales deviennent des instruments stratégiques de développement.
Les relations entre la Guinée et l’Égypte connaissent depuis plusieurs années une évolution positive dans plusieurs secteurs, notamment l’éducation, la sécurité, les infrastructures et la santé. Cette nouvelle rencontre entre Khaïté Sall et Mohammad S. Elhalawani vient ainsi consolider davantage les liens de coopération entre Conakry et Le Caire.
À travers cette démarche, les autorités guinéennes réaffirment leur volonté de bâtir un système de santé moderne, capable de répondre efficacement aux besoins des populations et de relever les défis sanitaires du futur.
Cette audience marque ainsi une nouvelle étape dans le rapprochement entre les deux pays, avec l’espoir que les engagements évoqués puissent rapidement se traduire par des actions concrètes au bénéfice des citoyens guinéens et égyptiens.

