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MIDWA 2026 : La Guinée consolide sa coopération régionale pour une gouvernance migratoire renforcée.

La République de Guinée a marqué sa présence à la Réunion ministérielle du Dialogue sur les migrations pour l’Afrique de l’Ouest (MIDWA), tenue les 29 et 30 avril 2026 à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Cette importante rencontre régionale, organisée conjointement par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), a réuni plusieurs ministres, experts en sécurité, responsables des services d’immigration et représentants institutionnels autour des enjeux liés à la migration et à la sécurité dans l’espace ouest-africain.

Dans un contexte régional marqué par l’intensification des flux migratoires, les défis sécuritaires transfrontaliers et les besoins croissants de coopération entre États, cette rencontre de haut niveau a permis aux pays membres de réaffirmer leur volonté commune de renforcer les mécanismes de gouvernance migratoire et de consolider les dispositifs de contrôle aux frontières.

La délégation guinéenne était conduite par le Ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le Général Ahmed Mohamed Oury Diallo. Il était accompagné de son Conseiller juridique, M. Mamadou Bobo Bah, ainsi que de la Directrice adjointe de la Police aux Frontières, le Commissaire divisionnaire M’Ballou Morgan Sylla. Cette participation témoigne de l’importance accordée par les autorités guinéennes aux questions migratoires et à la coopération régionale dans le domaine sécuritaire.

Durant les travaux, les représentants des États membres de la CEDEAO ont échangé sur plusieurs thématiques majeures, notamment la libre circulation des personnes dans l’espace communautaire, la lutte contre les réseaux de trafic de migrants, le renforcement de la sécurité frontalière et l’amélioration des systèmes de gestion migratoire. Les discussions ont également porté sur la nécessité d’harmoniser les politiques nationales afin de répondre efficacement aux défis communs liés à la migration irrégulière et aux menaces sécuritaires transnationales.

Les participants ont souligné l’importance d’une approche collective et coordonnée face aux enjeux migratoires. Pour de nombreux experts présents à Abidjan, la coopération régionale demeure l’un des principaux leviers permettant de garantir une circulation sécurisée des personnes tout en protégeant les frontières nationales. Les États ont ainsi réaffirmé leur attachement aux principes de solidarité, de coopération et de responsabilité partagée.

À l’issue des échanges, les travaux ont abouti à l’adoption de la « Déclaration d’Abidjan », un document stratégique qui définit les grandes orientations de la coopération régionale en matière migratoire. Cette déclaration met l’accent sur la modernisation des systèmes de contrôle frontalier, le renforcement des capacités des services d’immigration et la promotion d’une gouvernance migratoire humaine, efficace et sécurisée.

Les ministres et chefs de délégations ont également validé le rapport des chefs des services d’immigration, fruit de plusieurs sessions techniques organisées en amont de la réunion ministérielle. Ce rapport contient des recommandations importantes destinées à améliorer la coordination entre les administrations nationales chargées de l’immigration et du contrôle des frontières.

La participation active de la Guinée à cette rencontre traduit la volonté des autorités de renforcer leurs capacités institutionnelles face aux défis migratoires actuels. Depuis plusieurs années, le pays s’est engagé dans un vaste processus de modernisation de ses structures sécuritaires et administratives, notamment dans le domaine de la gestion des frontières.

En marge de la réunion ministérielle, le Général Ahmed Mohamed Oury Diallo a eu une séance de travail avec son homologue ivoirien, le Général Vagondo Diomandé, Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité de Côte d’Ivoire. Cette rencontre bilatérale a permis aux deux responsables d’aborder plusieurs questions liées à la coopération sécuritaire entre Conakry et Abidjan.

Les deux parties ont convenu de renforcer leur partenariat à travers des échanges d’expériences dans les domaines du contrôle frontalier, de la lutte contre les trafics transnationaux et de la formation spécialisée des agents de sécurité. Cette coopération devrait également permettre une meilleure coordination opérationnelle entre les services compétents des deux pays.

Selon plusieurs observateurs, cette initiative constitue une étape importante dans le renforcement des relations sécuritaires entre la Guinée et la Côte d’Ivoire, deux pays voisins confrontés à des défis communs en matière de mobilité humaine et de sécurité régionale. Les échanges entre les deux ministres illustrent également la volonté croissante des États ouest-africains de mutualiser leurs efforts pour faire face aux nouvelles menaces sécuritaires.

La question migratoire occupe aujourd’hui une place centrale dans les politiques publiques africaines. Entre mobilité économique, déplacements liés aux crises sécuritaires et aspirations de la jeunesse à de meilleures opportunités, les États doivent trouver un équilibre entre ouverture, sécurité et respect des droits humains.

Pour la Guinée, la modernisation des dispositifs de contrôle frontalier représente un enjeu stratégique majeur. Les autorités souhaitent notamment renforcer les capacités techniques et opérationnelles de la Police aux Frontières afin de garantir une gestion plus efficace des flux migratoires. Cela passe par la formation des agents, l’introduction de nouvelles technologies de surveillance et l’amélioration de la coopération avec les pays voisins.

La présence du Commissaire divisionnaire M’Ballou Morgan Sylla au sein de la délégation guinéenne traduit d’ailleurs l’importance accordée au rôle de la Police aux Frontières dans la mise en œuvre des nouvelles orientations sécuritaires du pays. Cette institution joue un rôle essentiel dans la lutte contre l’immigration irrégulière, le trafic de migrants et les réseaux criminels opérant dans les zones frontalières.

Au-delà des aspects sécuritaires, les participants à la réunion de MIDWA ont insisté sur la nécessité de promouvoir une migration régulière, ordonnée et sûre. Plusieurs intervenants ont rappelé que la migration constitue également un facteur de développement économique et social lorsqu’elle est correctement encadrée.

Les organisations partenaires, notamment l’OIM et la CEDEAO, ont réaffirmé leur engagement à accompagner les États membres dans la mise en œuvre de politiques migratoires adaptées aux réalités régionales. Des programmes de renforcement des capacités, de coopération technique et d’assistance institutionnelle devraient ainsi être intensifiés dans les prochains mois.

À travers sa participation à MIDWA 2026, la Guinée démontre sa volonté de jouer un rôle actif dans les initiatives régionales visant à améliorer la gouvernance migratoire en Afrique de l’Ouest. Le pays entend poursuivre ses efforts pour construire un système migratoire moderne, coordonné et respectueux des engagements communautaires.

Cette rencontre d’Abidjan apparaît ainsi comme une nouvelle étape dans le processus de consolidation de la coopération régionale en matière de sécurité et de migration. Face aux défis croissants liés aux mouvements de population et aux menaces transfrontalières, les États ouest-africains semblent plus déterminés que jamais à unir leurs efforts afin de préserver la stabilité et la sécurité de l’espace communautaire.

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