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Libéria : au 179ᵉ anniversaire de l’indépendance, Joseph Boakai appelle à renforcer l’identité nationale

Opposition Unity Party and Liberia President-elect Joseph Boakai speaks during an interview with Reuters at his home in Monrovia, November 19, 2023. REUTERS/Carielle Doe/ File Photo

À l’occasion de la célébration du 179ᵉ anniversaire de l’indépendance du Libéria, le président Joseph Nyuma Boakai a lancé un appel fort à ses concitoyens pour qu’ils renouent avec leur histoire et consolident les fondements de l’identité nationale. Dans un discours prononcé à Buchanan, chef-lieu du comté de Grand Bassa, le chef de l’État a présenté une vision ambitieuse visant à préserver le patrimoine historique, moderniser les institutions culturelles et placer les Libériens au cœur de la construction de leur propre récit national.

Placée sous le thème « Renforcer l’identité nationale à travers un leadership historique libérien », cette commémoration a été l’occasion pour le président Boakai de rappeler que l’histoire d’un peuple constitue le socle de son unité, de sa stabilité et de son développement. Devant des responsables politiques, des autorités traditionnelles, des représentants de la société civile, des étudiants et des partenaires internationaux, il a insisté sur la nécessité de mieux connaître le passé afin de préparer l’avenir.

« Une nation qui comprend son histoire est mieux préparée à façonner son avenir », a déclaré le président, soulignant que la mémoire collective représente une richesse indispensable pour toute société. Selon lui, les Libériens doivent approfondir leur connaissance du parcours national, depuis la création de la colonie en 1819 jusqu’à la proclamation de l’indépendance en 1847, sans oublier les nombreuses étapes qui ont marqué la construction de l’État moderne.

Le président Joseph Boakai a rappelé que le Libéria possède une histoire unique sur le continent africain. Première République noire indépendante d’Afrique, le pays est né de la rencontre entre les descendants d’Africains affranchis revenus des Amériques et les nombreuses communautés autochtones qui occupaient déjà le territoire. Cette diversité constitue, selon lui, une richesse culturelle exceptionnelle qui doit être mieux valorisée dans les politiques publiques, les programmes scolaires et les institutions nationales.

Pour le chef de l’État, l’identité libérienne repose sur plusieurs piliers fondamentaux : l’attachement à la liberté, les valeurs républicaines, la résilience du peuple face aux épreuves, ainsi que la diversité culturelle et linguistique qui caractérise le pays. Il estime que ces éléments doivent servir de fondement à une nouvelle dynamique de réconciliation et d’unité nationale, dans un contexte où le Libéria poursuit ses efforts de consolidation de la paix après plusieurs décennies de crises politiques et de conflits civils.

Afin de concrétiser cette ambition, le président a annoncé la création d’une Initiative nationale de récupération et de rapatriement historique. Cette structure aura pour mission de collaborer avec des universités, des bibliothèques, des centres de recherche et des institutions culturelles à travers le monde afin de récupérer des copies de documents historiques concernant le Libéria. Une grande partie des archives nationales est aujourd’hui conservée dans des collections étrangères, ce qui limite l’accès des chercheurs et des citoyens à leur propre patrimoine documentaire.

Selon les autorités, cette initiative permettra de reconstituer progressivement la mémoire nationale en réunissant des manuscrits, cartes anciennes, photographies, correspondances officielles et autres documents essentiels à la compréhension de l’histoire du pays. Le gouvernement souhaite ainsi préserver ces ressources pour les générations futures tout en renforçant la recherche historique nationale.

Le président Boakai a également annoncé un vaste programme de modernisation des Archives nationales et du Musée national du Libéria. Les projets prévoient la rénovation des infrastructures existantes, la conservation des documents anciens, la numérisation des collections historiques ainsi qu’un meilleur accès aux ressources pour les chercheurs, les étudiants et le grand public. L’objectif est de transformer ces institutions en véritables centres de référence pour la connaissance et la valorisation du patrimoine national.

Dans le même esprit, le chef de l’État a ordonné la mise en place d’un comité technique chargé d’étudier la restauration et la modernisation du Centre culturel de Kendeja, considéré comme l’un des symboles majeurs du patrimoine culturel libérien. Longtemps reconnu comme un espace de promotion des arts, de la musique et des traditions nationales, ce centre pourrait retrouver une place centrale dans la politique culturelle du pays grâce aux investissements envisagés par le gouvernement.

Parmi les annonces les plus importantes figure également la relance du Projet national d’histoire, recommandé par la Commission vérité et réconciliation. Ce programme vise à produire une documentation historique complète, indépendante et inclusive sur le parcours du Libéria, en tenant compte de toutes les composantes de la société.

Le président a insisté sur la nécessité de préserver l’objectivité scientifique dans ce travail de mémoire. « L’histoire ne doit jamais être écrite à travers le prisme des intérêts politiques », a-t-il affirmé. Il a plaidé pour une démarche conduite par des historiens, des archivistes, des anthropologues, des linguistes, des archéologues et des éducateurs libériens, avec l’appui de partenaires universitaires internationaux. Selon lui, seule une recherche rigoureuse permettra de transmettre aux futures générations une vision équilibrée et fidèle de l’histoire nationale.

Joseph Boakai est également revenu sur certains événements marquants ayant influencé le développement du Libéria. Il a notamment évoqué l’année 1926, qui demeure une étape importante de l’histoire économique et scientifique du pays. Cette année-là fut signée la concession accordée à la société Firestone, un accord qui allait profondément transformer l’économie nationale grâce au développement de la filière du caoutchouc. Il a également rappelé l’expédition africaine menée par l’Université Harvard, qui contribua à enrichir les connaissances scientifiques sur les populations, les langues et les cultures du Libéria.

Au-delà du devoir de mémoire, le président voit dans ces initiatives un levier pour renforcer la citoyenneté, promouvoir la cohésion sociale et consolider les institutions démocratiques. Il estime que les jeunes générations doivent mieux connaître les sacrifices consentis par leurs aînés afin de mieux comprendre les responsabilités qui leur incombent dans la construction du Libéria de demain.

À l’approche du bicentenaire de la création de la nation libérienne, Joseph Boakai a appelé les citoyens à dépasser les divisions héritées du passé. Il les a invités à bâtir une société fondée sur une identité commune, le respect mutuel, la responsabilité civique et l’unité nationale. Pour lui, le développement économique, la stabilité politique et la paix durable ne pourront être pleinement réalisés que si chaque Libérien se reconnaît dans une histoire partagée et dans un projet collectif.

En plaçant la mémoire historique au centre de son action politique, le président Boakai entend ouvrir une nouvelle étape dans la construction nationale. La préservation du patrimoine, la modernisation des institutions culturelles, le renforcement de la recherche historique et la transmission des valeurs républicaines apparaissent désormais comme des priorités stratégiques. À travers cette vision, le Libéria souhaite non seulement honorer son passé, mais également préparer son avenir en s'appuyant sur une identité nationale forte, inclusive et tournée vers le progrès.

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