Addis-Abeba – La Commission de l'Union africaine (UA) a exprimé sa vive inquiétude face à la détérioration de la situation sécuritaire en mer Rouge à la suite des récentes attaques revendiquées par les Houthis contre des pétroliers commerciaux. Dans une déclaration officielle, le président de la Commission de l'Union africaine, Son Excellence Mahmoud Ali Youssouf, a condamné avec la plus grande fermeté ces actions, qu'il qualifie d'escalade dangereuse susceptible de compromettre la paix et la sécurité dans une région d'une importance stratégique majeure pour l'Afrique et le reste du monde.
Cette prise de position intervient après l'annonce par les Houthis d'un blocus naval visant le Royaume d'Arabie saoudite. Selon le président de la Commission, ces attaques contre des navires commerciaux constituent une violation grave des principes du droit international et représentent une menace directe pour la liberté de navigation ainsi que pour la sécurité maritime internationale.
Dans son communiqué, Mahmoud Ali Youssouf a exprimé la pleine solidarité de l'Union africaine envers le Royaume d'Arabie saoudite. Il a réaffirmé le soutien indéfectible de l'organisation continentale à la souveraineté, à la sécurité et à la stabilité du Royaume, soulignant que toute atteinte à ces principes est susceptible d'avoir des conséquences dépassant largement les frontières de la région.
Le président de la Commission a rappelé que les attaques visant des navires marchands ou toute tentative d'entraver la libre circulation maritime constituent une menace sérieuse pour l'économie mondiale. La mer Rouge demeure l'une des voies maritimes les plus stratégiques de la planète, reliant l'océan Indien à la mer Méditerranée par l'intermédiaire du canal de Suez. Chaque année, des milliers de navires transportant du pétrole, du gaz, des marchandises manufacturées et des produits alimentaires y transitent, faisant de cette route un pilier essentiel du commerce international.
Pour l'Union africaine, la protection de cette voie maritime dépasse les seuls intérêts des États riverains. De nombreux pays africains dépendent de la fluidité du trafic maritime en mer Rouge pour leurs importations, leurs exportations et leur approvisionnement énergétique. Toute perturbation prolongée pourrait entraîner une augmentation des coûts de transport, des retards dans les chaînes d'approvisionnement et une hausse des prix de nombreux produits essentiels.
Le président Mahmoud Ali Youssouf a insisté sur le fait que la sécurité des routes maritimes représente un enjeu stratégique pour le développement économique du continent africain. Les échanges commerciaux entre l'Afrique, le Moyen-Orient, l'Europe et l'Asie reposent en grande partie sur la stabilité de cette région. Une détérioration durable de la situation pourrait avoir des répercussions importantes sur les économies africaines, notamment celles fortement dépendantes des importations de carburant, de produits alimentaires et de biens industriels.
Selon la déclaration officielle, les attaques contre les pétroliers et les autres navires commerciaux mettent également en danger les équipages civils, les infrastructures portuaires et les compagnies de transport maritime. Au-delà des dommages matériels, ces actes contribuent à accroître les risques sécuritaires dans une zone déjà marquée par plusieurs crises géopolitiques.
Face à cette situation, le président de la Commission a appelé les Houthis à mettre immédiatement fin à toutes les attaques contre les navires commerciaux. Il les exhorte également à renoncer à toute action susceptible d'aggraver les tensions dans la région et à respecter pleinement les règles du droit international régissant la navigation maritime. Il souligne que la liberté de navigation constitue un principe fondamental reconnu par la communauté internationale et qu'elle doit être préservée en toutes circonstances.
L'Union africaine estime que seule une désescalade permettra d'éviter une aggravation du conflit et de préserver la stabilité régionale. L'organisation réaffirme son soutien aux initiatives diplomatiques menées par les acteurs régionaux et internationaux en faveur d'un règlement pacifique de la crise. Elle considère que le dialogue demeure la meilleure voie pour résoudre les différends et éviter une confrontation plus large qui pourrait affecter l'ensemble du Moyen-Orient et de la Corne de l'Afrique.
Dans sa déclaration, Mahmoud Ali Youssouf rappelle également que la sécurité maritime est devenue un élément essentiel de la sécurité collective internationale. Les menaces pesant sur les principales voies de navigation ont des répercussions directes sur les échanges commerciaux, les investissements internationaux, les marchés de l'énergie et la stabilité économique mondiale.
Pour plusieurs observateurs, la réaction de l'Union africaine reflète l'importance grandissante accordée aux questions de sécurité maritime dans les priorités de l'organisation continentale. Ces dernières années, l'UA a multiplié les initiatives visant à renforcer la coopération entre les États africains dans la lutte contre la piraterie, le terrorisme maritime, les trafics illicites et les autres menaces pesant sur les espaces maritimes africains.
La mer Rouge occupe une place particulière dans cette stratégie. Elle constitue non seulement une voie essentielle pour le commerce mondial, mais également un espace géopolitique où se croisent les intérêts de nombreuses puissances régionales et internationales. Les tensions persistantes dans cette zone soulignent la nécessité d'une coopération accrue entre les États afin de garantir la sécurité des routes commerciales.
Les experts estiment que toute interruption durable du trafic maritime pourrait avoir des conséquences économiques considérables. Les compagnies de transport seraient contraintes de modifier leurs itinéraires, entraînant une augmentation des délais de livraison, des coûts logistiques et des primes d'assurance maritime. Ces surcoûts pourraient ensuite être répercutés sur les consommateurs à travers le monde.
Pour les pays africains, les effets pourraient être particulièrement sensibles. Plusieurs économies du continent dépendent fortement des importations transitant par la mer Rouge et le canal de Suez. Une perturbation prolongée risquerait de fragiliser davantage des économies déjà confrontées à l'inflation, aux défis énergétiques et aux conséquences des crises internationales.
En réaffirmant son soutien au Royaume d'Arabie saoudite, la Commission de l'Union africaine entend également rappeler son attachement au respect de la souveraineté des États et à la préservation de la stabilité régionale. L'organisation considère que la sécurité en mer Rouge est indissociable de la paix, du développement économique et de la prospérité des populations concernées.
La déclaration du président Mahmoud Ali Youssouf s'inscrit ainsi dans une volonté de promouvoir le dialogue, la coopération internationale et le respect du droit international comme fondements d'une solution durable. L'Union africaine appelle l'ensemble des parties à faire preuve de retenue, à privilégier les voies diplomatiques et à soutenir les efforts de médiation destinés à prévenir une nouvelle escalade.
Alors que les tensions demeurent vives dans cette région stratégique, l'Union africaine réaffirme sa détermination à soutenir toutes les initiatives favorisant la désescalade, la sécurité maritime et un règlement pacifique des différends. Pour l'organisation continentale, la préservation de la liberté de navigation et la stabilité de la mer Rouge constituent des conditions essentielles au maintien de la paix, à la protection des échanges commerciaux et au développement durable de l'Afrique comme de l'ensemble de la communauté internationale.

