Conakry – Le président de la République de Guinée, le Général Mamadi Doumbouya, a procédé à un important remaniement gouvernemental. Le décret présidentiel, lu à la télévision nationale dans la soirée du lundi 27 juillet, redessine l'architecture de l'exécutif avec plusieurs nouvelles nominations et le maintien de certains ministres clés. Cette réorganisation intervient dans un contexte où les autorités de la transition affichent leur volonté d'accélérer les réformes institutionnelles, économiques et sociales en vue d'atteindre les objectifs fixés pour le pays.
Le Premier ministre, Amadou Oury Bah, est confirmé à son poste de chef du gouvernement. Ce maintien traduit la confiance renouvelée du chef de l'État envers celui qui est chargé de coordonner l'action gouvernementale. Depuis sa nomination, Amadou Oury Bah pilote les réformes engagées par les autorités de la transition, notamment dans les domaines de la gouvernance, du développement économique et de la préparation des grandes échéances nationales.
Au ministère de la Justice et des Droits de l'homme, Ibrahim Sory II Tounkara est nommé Garde des Sceaux. Il aura la responsabilité de poursuivre les réformes du système judiciaire, un secteur considéré comme prioritaire pour renforcer l'État de droit, lutter contre la corruption et restaurer la confiance des citoyens envers les institutions judiciaires.
Dans le domaine de la défense, Ibrahima Kalil Condé devient ministre délégué auprès du président de la République, chargé de la Défense nationale. Cette nomination s'inscrit dans la continuité des efforts de modernisation des forces armées et de consolidation de la sécurité nationale.
Le ministère de l'Administration du territoire et de la Décentralisation est désormais dirigé par Djénabou Touré. Ce département joue un rôle stratégique dans l'organisation des collectivités locales, la gestion des élections et le processus de décentralisation. Sa nomination sera observée de près alors que la transition poursuit ses réformes institutionnelles.
Le secteur de la sécurité est confié à Ahmed Mohamed Oury Diallo, nommé ministre de la Sécurité et de la Protection civile. Il devra faire face aux défis liés à la sécurité intérieure, à la protection des populations et au renforcement des capacités des services de sécurité.
Au ministère des Affaires étrangères, Morissanda Kouyaté conserve les rênes de la diplomatie guinéenne. Il continuera de porter la voix du pays auprès des partenaires internationaux, de renforcer l'intégration africaine et d'assurer le suivi des questions concernant les Guinéens établis à l'étranger.
Sur le plan économique, Mariama Ciré Sylla prend les commandes du ministère de l'Économie, des Finances et du Budget. Elle aura pour mission de préserver les équilibres macroéconomiques, d'améliorer la mobilisation des recettes publiques et de soutenir les investissements nécessaires au développement du pays. À ses côtés, Ismaël Nabé est nommé ministre du Plan, de la Coopération internationale et du Développement afin de renforcer les partenariats avec les bailleurs de fonds et coordonner les projets structurants.
Le secteur de l'emploi est confié à Mory Condé, tandis que Faya François Bourouno prend la tête du ministère de la Modernisation de l'administration et de la Fonction publique. Les deux responsables devront poursuivre les réformes destinées à améliorer les performances de l'administration publique et à favoriser l'insertion professionnelle des jeunes.
Le secteur minier, véritable moteur de l'économie guinéenne, reste sous la responsabilité de Bouna Sylla. La Guinée étant l'un des principaux producteurs mondiaux de bauxite, le gouvernement entend poursuivre la valorisation de ses ressources naturelles tout en renforçant la transparence dans leur gestion.
L'agriculture est désormais dirigée par Félix Lamah, tandis qu'Alpha Bacar Barry prend la tête du ministère de l'Élevage et que Fatima Camara est nommée ministre de la Pêche et de l'Économie maritime. Ces trois secteurs sont considérés comme essentiels pour renforcer la sécurité alimentaire et soutenir la diversification économique.
L'une des nominations les plus remarquées concerne Aboubacar Kourouma, qui devient ministre de l'Industrie et du Commerce après avoir occupé les fonctions de secrétaire général du ministère de la Modernisation de l'administration et de la Fonction publique. Sa mission sera d'encourager le développement industriel, d'améliorer le climat des affaires et de promouvoir les échanges commerciaux.
Dans le secteur éducatif, plusieurs changements majeurs sont enregistrés. Djami Diallo est nommé ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Quant au vaste département regroupant l'Éducation nationale, l'Alphabétisation, l'Enseignement technique et la Formation professionnelle, il est confié à Mme Bintou Kéita. Ancienne représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies en République démocratique du Congo, elle apporte une importante expérience internationale qui pourrait contribuer à accélérer les réformes du système éducatif guinéen.
Le ministère de la Culture, du Tourisme et de l'Artisanat est désormais dirigé par Moussa Moïse Sylla, tandis que Khaïté Sall prend les commandes du ministère de la Santé et de l'Hygiène publique. Les défis restent nombreux, notamment en matière d'accès aux soins, de modernisation des infrastructures sanitaires et de développement du tourisme comme levier économique.
Le gouvernement accorde également une attention particulière aux questions sociales avec la nomination d'Aminata Kaba au ministère de la Femme, de la Famille et de la Solidarité. De son côté, Lansana Béa Diallo est confirmé à la Jeunesse, alors que Cellou Baldé prend la tête du ministère des Sports.
Les secteurs des infrastructures et des transports connaissent également des changements. Facinet Sylla est nommé ministre des Infrastructures, tandis qu'Ousmane Gaoual Diallo devient ministre des Transports. Le développement des routes, des ouvrages publics et des réseaux de transport demeure une priorité pour accompagner la croissance économique.
Le numérique figure également parmi les priorités du nouvel exécutif. Mourana Soumah est nommé ministre de la Communication, de l'Économie numérique et de l'Innovation. Il devra accélérer la transformation digitale du pays et promouvoir l'innovation technologique.
Dans le domaine environnemental, Fassou Théa prend la tête du ministère de l'Environnement et du Développement durable. Laye Sékou Camara est nommé ministre de l'Énergie, tandis qu'Aboubacar Camara dirigera le ministère de l'Assainissement, de l'Hydraulique et des Hydrocarbures. Mohamed Lamine Sy Savané prend quant à lui les commandes du ministère de l'Urbanisme, de l'Habitat et de l'Aménagement du territoire.
Enfin, Tamba Bénoît Kamano est nommé ministre secrétaire général du Gouvernement avec rang de ministre, tandis que Karamo Diawara devient ministre secrétaire général des Affaires religieuses.
À travers ce remaniement, le président Mamadi Doumbouya entend insuffler une nouvelle dynamique à l'action gouvernementale. En associant des responsables expérimentés, des technocrates et de nouvelles figures, les autorités de la transition cherchent à renforcer l'efficacité de l'administration et à accélérer la mise en œuvre des réformes attendues par les populations. Les prochains mois permettront d'évaluer la capacité de cette nouvelle équipe gouvernementale à répondre aux attentes des Guinéens, notamment en matière de développement économique, de justice sociale, de création d'emplois, d'amélioration des services publics et de préparation des prochaines étapes de la transition politique.
