Le Gouvernement d’union nationale (GUN) libyen accuse le Niger d’avoir remis deux ressortissants aux autorités de l’Est affiliées au camp de Khalifa Haftar, dénonçant une entorse au droit international.
Une nouvelle tension diplomatique a éclaté entre la Libye et le Niger après le transfert par Niamey de deux citoyens libyens vers des autorités basées dans l’est du pays, considérées par Tripoli comme « non reconnues internationalement ». Le ministère des Affaires étrangères du Gouvernement d’union nationale (GUN) a adressé une note officielle à l’ambassade du Niger à Tripoli pour exprimer sa protestation formelle.
Dans son communiqué, le ministère affirme avoir respecté « toutes les voies administratives et diplomatiques reconnues », conformément aux normes internationales, mais se dit surpris par une décision qualifiée de « violation flagrante du droit international et humanitaire ». Selon Tripoli, la remise des deux ressortissants à des entités opérant en dehors du cadre étatique constitue une atteinte directe à la souveraineté libyenne et aux principes régissant la coopération judiciaire entre États.
Le GUN a menacé d’engager des poursuites judiciaires contre le Niger et d’appliquer « toutes les mesures nécessaires » à l’encontre des personnes impliquées dans ce transfert, invoquant le principe de réciprocité. Le communiqué rend également le gouvernement nigérien « pleinement responsable » de la sécurité des deux citoyens concernés, arrêtés à la mi-2025 près de la frontière commune.
Les deux hommes seraient des opposants au maréchal Khalifa Haftar, figure dominante de l’Est libyen. L’un est originaire de Sabha, l’autre de Misrata. Leur remise aux autorités affiliées au camp de Haftar intervient dans un contexte institutionnel fragmenté, où coexistent deux pôles de pouvoir rivaux, fragilisant la cohérence diplomatique et judiciaire du pays.
Tripoli a également souligné que plus de deux millions de ressortissants nigériens vivent actuellement en Libye, principalement en tant que migrants. Cette mention, à forte portée politique, laisse entrevoir un possible levier de pression bilatéral si le différend devait s’aggraver. Au-delà du cas des deux individus, l’épisode met en lumière la complexité des équilibres régionaux au Sahel et en Méditerranée, où les rivalités internes libyennes interfèrent avec les relations entre États voisins.

