DAKAR – Une nouvelle étape s’ouvre dans la vie politique sénégalaise. Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, poursuit les consultations en vue de la création d’une nouvelle formation politique destinée à rassembler les différentes composantes de sa majorité. Après plusieurs rencontres avec les élus locaux de la coalition « Diomaye Président », le chef de l’État a annoncé la tenue du congrès constitutif de cette nouvelle organisation le 8 août 2026 à la Dakar Arena. Ce rendez-vous, très attendu par les acteurs politiques et les observateurs, doit officialiser la naissance du parti présidentiel, définir ses orientations stratégiques et désigner ses premières instances dirigeantes.
Cette initiative marque une étape importante dans la structuration du camp présidentiel, plus de deux ans après l’élection de Bassirou Diomaye Faye à la magistrature suprême. Depuis son arrivée au pouvoir, le président s’appuie sur une coalition regroupant plusieurs sensibilités politiques. La création d’un parti unique apparaît désormais comme un moyen de renforcer la cohésion de cette majorité et de mieux organiser son action politique sur l’ensemble du territoire national.
L’annonce du congrès intervient après une série de consultations entamées avec les représentants des collectivités territoriales. Le samedi 11 juillet, le président a reçu au Palais de la République des maires issus des départements de Mbour, Mbacké, Linguère et Bakel. Cette rencontre faisait suite à une première audience organisée quelques jours auparavant, au cours de laquelle 306 maires représentant les quatorze régions du Sénégal avaient été conviés à échanger avec le chef de l’État.
Ces différentes rencontres traduisent la volonté du président d’associer les élus locaux à la mise en place de la future formation politique. Les maires, acteurs essentiels du développement territorial, occupent une place stratégique dans la construction du projet présidentiel. En multipliant les consultations avec eux, Bassirou Diomaye Faye cherche à consolider un réseau politique capable d’accompagner la mise en œuvre de ses réformes dans toutes les régions du pays.
Lors de la première réunion organisée au début du mois de juillet, le chef de l’État avait clairement affiché son ambition de franchir une nouvelle étape dans l’organisation de sa majorité. Il avait déclaré vouloir « avancer vers une unité plus organique des forces politiques » qui le soutiennent, estimant qu’un parti structuré permettrait de mieux coordonner les actions de ses alliés et de renforcer la stabilité politique.
Afin de concrétiser cette ambition, Bassirou Diomaye Faye a confié à Aminata Touré, superviseure générale de la Coalition Diomaye Président, la responsabilité de mettre en place un comité de réflexion chargé de préparer les fondements de cette nouvelle formation. Ce comité travaille notamment sur les textes constitutifs, les principes de fonctionnement, les statuts ainsi que les orientations idéologiques qui seront soumis aux participants lors du congrès du 8 août.
Les consultations menées avec les maires ces derniers jours s’inscrivent précisément dans cette phase préparatoire. Selon les informations communiquées par la coalition présidentielle, les élus présents ont réaffirmé leur soutien au projet politique porté par le chef de l’État. Ils se sont également engagés à accompagner la création du parti et à participer activement à son implantation dans leurs collectivités respectives.
Les représentants des départements de Mbour, Mbacké, Linguère et Bakel ont notamment insisté sur l’importance de disposer d’une organisation politique capable de fédérer durablement les différentes sensibilités qui composent actuellement la majorité présidentielle. À leurs yeux, cette nouvelle structure devrait favoriser une meilleure coordination entre les responsables nationaux et les élus locaux, tout en renforçant la proximité entre les institutions et les citoyens.
La coalition « Diomaye Président » souligne également que les 306 maires reçus lors de la première audience avaient salué la volonté du président de promouvoir une véritable équité territoriale. Cette notion occupe une place importante dans le discours du chef de l’État, qui souhaite réduire les disparités entre les différentes régions du Sénégal en renforçant les moyens accordés aux collectivités locales.
Selon plusieurs participants, les échanges ont porté sur les défis liés au développement local, aux infrastructures, à l’emploi des jeunes, à l’accès aux services publics ainsi qu’au renforcement des capacités des collectivités territoriales. Le futur parti devrait ainsi intégrer ces préoccupations dans son programme politique afin d’accompagner les réformes engagées par le gouvernement.
Le congrès du 8 août constituera l’aboutissement de ce processus de concertation. Plusieurs centaines de délégués venus de l’ensemble du territoire sont attendus à Dakar pour participer à cet événement qui marquera officiellement la naissance de la nouvelle formation politique. Les congressistes devront adopter les textes fondateurs du parti, approuver son organisation interne et désigner les responsables chargés d’en assurer la direction.
Au-delà de son aspect organisationnel, ce congrès revêt une dimension hautement politique. Il intervient dans un contexte marqué par une recomposition progressive des rapports de force au sein de la majorité présidentielle. Depuis plusieurs mois, les relations entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, ancien Premier ministre devenu président de l’Assemblée nationale, connaissent une évolution qui suscite de nombreux commentaires dans la classe politique sénégalaise.
Longtemps considérés comme des alliés indissociables, les deux dirigeants ont affiché certaines divergences au cours des derniers mois, notamment autour de la réforme constitutionnelle adoptée le 29 juin 2026 par l’Assemblée nationale. Ce texte prévoyait plusieurs modifications importantes de l’architecture institutionnelle du pays.
Parmi les principales mesures figuraient le remplacement du Conseil constitutionnel par une Cour constitutionnelle, le renforcement des pouvoirs du Parlement ainsi que l’interdiction pour le président de la République d’exercer simultanément la direction d’un parti politique. Cette dernière disposition avait particulièrement retenu l’attention des observateurs, dans la mesure où elle aurait profondément modifié les pratiques politiques au Sénégal.
Soucieux de garantir la conformité de cette réforme avec les principes de la Constitution, Bassirou Diomaye Faye avait décidé de saisir le Conseil constitutionnel avant son entrée en vigueur. Après examen du texte, les sages de l’institution ont finalement invalidé la réforme, mettant ainsi un terme à la procédure engagée et obligeant les autorités à revoir leur projet.
Cette décision a constitué un tournant dans le débat politique national. Elle a également renforcé l’importance de la création du futur parti présidentiel, qui devra désormais jouer un rôle central dans la définition des orientations politiques de la majorité et dans la préparation des prochaines échéances électorales.
Pour de nombreux observateurs, la naissance de cette nouvelle formation pourrait modifier durablement le paysage politique sénégalais. En rassemblant les différentes composantes de la coalition présidentielle au sein d’une organisation unique, Bassirou Diomaye Faye cherche à consolider son assise politique tout en renforçant la cohérence de son action gouvernementale.
Les prochaines semaines seront donc déterminantes pour l’avenir de cette initiative. Les travaux du comité de réflexion se poursuivent afin de finaliser les documents qui seront soumis aux congressistes. De leur côté, les responsables locaux multiplient les réunions de préparation pour mobiliser les militants appelés à participer à cet événement historique.
Le congrès du 8 août ne constituera pas seulement un rendez-vous interne à la majorité présidentielle. Il sera également observé avec attention par l’ensemble de la classe politique, les partenaires institutionnels et les citoyens, qui y verront un indicateur de l’évolution du pouvoir en place.
En lançant officiellement son propre parti politique, Bassirou Diomaye Faye entend ouvrir un nouveau chapitre de son mandat. Cette démarche traduit sa volonté de doter sa majorité d’un cadre politique structuré, capable de soutenir les réformes engagées, de renforcer le dialogue avec les collectivités territoriales et de préparer les grandes échéances qui façonneront l’avenir politique du Sénégal.

