Guadalajara (Mexique) – La Colombie a validé son billet pour les phases à élimination directe de la Coupe du monde grâce à une victoire précieuse et laborieuse contre le Congo (1-0), mardi soir à Guadalajara. Longtemps freinés par l’excellente prestation du gardien congolais Lionel Mpasi, les Colombiens ont finalement trouvé la faille grâce à Daniel Muñoz, auteur du but décisif à la 76e minute.
Cette deuxième victoire en autant de rencontres permet aux Cafeteros de prendre seuls la tête du groupe K avec six points et d’assurer leur présence au prochain tour. Une performance qui confirme les ambitions d’une sélection colombienne déterminée à retrouver les sommets après avoir manqué la Coupe du monde 2022.
Face à une équipe congolaise organisée et combative, les hommes de Néstor Lorenzo ont dû faire preuve de patience. Dès le coup d’envoi, la Colombie a imposé son rythme et pris le contrôle du ballon. Les occasions se sont rapidement multipliées, mais Lionel Mpasi a longtemps résisté aux assauts adverses.
Le gardien du Congo a réalisé une première période exceptionnelle, multipliant les interventions décisives. Dès les vingt premières minutes, il a effectué cinq arrêts difficiles qui ont empêché les Colombiens d’ouvrir le score. James Rodríguez, Johan Mojica, Gustavo Puerta, Luis Díaz et Daniel Muñoz ont tous tenté leur chance, mais se sont heurtés à un dernier rempart inspiré.
Grâce à ses réflexes et à son sens du placement, Mpasi a maintenu son équipe dans le match alors que la domination colombienne devenait de plus en plus évidente. Le Congo a souvent subi les offensives sud-américaines mais a fait preuve d’une remarquable solidarité défensive.
« Notre gardien a été exceptionnel aujourd’hui, mais cela ne me surprend pas », a déclaré le sélectionneur congolais Sébastien Desabre après la rencontre. « Il enchaîne les très bonnes performances avec nous. Défensivement, nous avons beaucoup souffert mais nous avons résisté pendant une grande partie du match. »
Malgré cette résistance, la pression colombienne n’a jamais diminué. Les Cafeteros ont continué à pousser, soutenus par leurs nombreux supporters présents dans les tribunes du stade de Guadalajara.
Le tournant de la rencontre est finalement intervenu à la 76e minute. Après une nouvelle offensive colombienne, le ballon a été dévié par un défenseur congolais dans la surface de réparation. Daniel Muñoz a profité de cette situation favorable pour déclencher une frappe du pied gauche qui a terminé au fond des filets.
Cette fois, même l’excellent Lionel Mpasi n’a rien pu faire.
Le défenseur de Crystal Palace a immédiatement célébré son but avec ses coéquipiers et les supporters colombiens. Cette réalisation, sa deuxième depuis le début du tournoi, lui a valu le titre d’homme du match.
« Nous avons joué avec intensité et agressivité tout en restant fidèles à notre style », a expliqué Muñoz après la rencontre. « Ces trois points sont le fruit d’un effort collectif et nous les dédions à tous les supporters qui nous soutiennent. Cette victoire nous donne beaucoup de confiance, mais nous voulons aller encore plus loin. »
Le but a libéré la Colombie mais n’a pas totalement mis fin au suspense. Quelques minutes plus tard, Luis Díaz pensait même permettre à son équipe de faire le break.
L’attaquant vedette colombien a vu deux de ses buts être refusés coup sur coup. À la 79e minute, l’arbitre a annulé sa réalisation pour une faute dans la construction de l’action. Une minute plus tard, Díaz trouvait une nouvelle fois le chemin des filets, mais cette fois un hors-jeu a été signalé.
Ces décisions ont maintenu le Congo en vie jusqu’au bout.
Les dernières minutes ont ainsi été particulièrement tendues pour les Colombiens. Alors que le temps additionnel s’écoulait, le Congo a lancé toutes ses forces dans la bataille afin d’arracher l’égalisation.
Les Africains sont passés tout près de leur objectif à deux reprises. Sur une frappe lointaine de Nathanael Mbuku, le gardien colombien Camilo Vargas a réalisé une parade spectaculaire pour préserver l’avantage de son équipe.
Dans la foulée, sur le corner qui a suivi, Chancel Mbemba s’est élevé plus haut que tout le monde pour placer une tête dangereuse. Une nouvelle fois, Vargas a répondu présent avec un arrêt décisif.
Ces interventions héroïques ont permis à la Colombie de conserver son avance jusqu’au coup de sifflet final.
« Nous aurions probablement pu marquer davantage de buts, mais le Congo nous a rendu la tâche très difficile », a reconnu l’entraîneur colombien Néstor Lorenzo. « Le match est resté tendu jusqu’à la dernière seconde. Malgré cela, je pense que nous avons mérité notre victoire. »
Cette qualification représente une étape importante pour une sélection colombienne qui revient progressivement parmi les grandes nations du football mondial. Actuellement classée onzième au classement mondial, la Colombie est la troisième meilleure équipe sud-américaine derrière le Brésil et l’Argentine.
Après une victoire convaincante 3-1 contre l’Ouzbékistan lors de la première journée, les Cafeteros confirment leur excellente dynamique en remportant un deuxième succès consécutif.
Le sélectionneur Néstor Lorenzo peut également se réjouir de la profondeur de son effectif. L’entrée en jeu de Juan Quintero à la place de James Rodríguez a apporté davantage de créativité dans les derniers mètres et a contribué à faire basculer la rencontre.
James Rodríguez a quant à lui marqué un nouveau chapitre de sa carrière internationale. Avec cette apparition, il rejoint les légendes colombiennes Freddy Rincón et Carlos Valderrama avec dix participations à des matches de Coupe du monde.
Du côté du Congo, malgré la défaite, les motifs d’espoir demeurent nombreux. Pour leur première participation à une Coupe du monde depuis cinquante-deux ans, les Congolais ont démontré qu’ils pouvaient rivaliser avec des adversaires de haut niveau.
Après avoir surpris le Portugal en obtenant un match nul 1-1 lors de leur premier match, ils ont de nouveau livré une prestation courageuse face à l’un des favoris du groupe.
Leur parcours jusqu’au tournoi a toutefois été compliqué. Une épidémie d’Ebola a perturbé la préparation de la sélection et empêché de nombreux supporters de se rendre au Mondial en raison des restrictions sanitaires mises en place.
Parmi eux figurait Michel Nkuka Mboladinga, devenu célèbre lors de la Coupe d’Afrique des nations pour ses hommages à Patrice Lumumba, figure historique de l’indépendance congolaise. Après avoir manqué le premier match à cause des mesures de quarantaine, il a finalement pu assister à cette rencontre à Guadalajara, conservant tout au long du match sa célèbre posture de statue.
Au classement du groupe K, la Colombie occupe désormais la première place avec six points. Le Portugal suit avec quatre unités après sa large victoire contre l’Ouzbékistan. Le Congo reste en course avec un point, tandis que l’Ouzbékistan ferme la marche.
La dernière journée de la phase de groupes promet d’être décisive. La Colombie affrontera le Portugal samedi avec l’objectif de conserver la première place du groupe. Un match nul suffirait aux Colombiens pour terminer en tête, tandis que ce résultat garantirait également la qualification des Portugais.
Grâce à son succès contre le Congo, la Colombie poursuit son parcours sans faute et confirme qu’elle compte parmi les équipes capables de créer la surprise dans cette Coupe du monde. Solides défensivement, efficaces offensivement et portés par des joueurs expérimentés, les Cafeteros abordent désormais la phase finale avec ambition et confiance.

