Kansas City – L’Algérie a retrouvé le sourire dans cette Coupe du monde en s’imposant 2-1 face à la Jordanie au terme d’un match intense et riche en rebondissements. Menés à la pause, les Fennecs ont fait preuve de caractère pour renverser la situation grâce à des réalisations de Nadhir Benbouali et d’Amine Gouiri. Cette victoire permet aux hommes de Vladimir Petkovic de rester en course pour une qualification au second tour, tandis que la Jordanie voit son aventure mondiale s’arrêter prématurément.
Après une lourde défaite 3-0 contre l’Argentine lors de leur entrée en lice, les Algériens n’avaient plus le droit à l’erreur. Face à une équipe jordanienne également battue lors de son premier match contre l’Autriche (3-1), l’enjeu était immense. Une nouvelle contre-performance aurait considérablement compromis les chances de qualification de l’Algérie.
Conscient de l’importance du rendez-vous, le sélectionneur Vladimir Petkovic a choisi de titulariser Riyad Mahrez, laissé sur le banc lors du premier match. Le capitaine algérien a immédiatement apporté sa qualité technique et son expérience, devenant l’un des principaux artisans du renouveau offensif des Verts.
Dès les premières minutes, Mahrez s’est montré dangereux. Servi par une magnifique passe lobée d’Hicham Boudaoui, il s’est retrouvé dans une position favorable mais a manqué son contrôle au moment décisif. Quelques instants plus tard, une nouvelle ouverture de Boudaoui lui a permis de se présenter seul face au gardien jordanien Yazeed Abulaila. Cette fois, l’attaquant algérien a tenté un lob inspiré, mais le portier jordanien a brillamment repoussé le danger.
Malgré la domination algérienne, la Jordanie a démontré qu’elle n’était pas venue pour subir. Organisée défensivement et redoutable en contre-attaque, elle a su exploiter les moindres erreurs de son adversaire. À la 36e minute, une perte de balle de Ramiz Zerrouki dans sa propre moitié de terrain a offert une opportunité inespérée aux Jordaniens.
Musa Al-Taamari a immédiatement profité de la situation et déclenché une offensive rapide. Son tir, légèrement dévié, est arrivé dans les pieds de Nizar Al-Rashdan. Sans hésiter, ce dernier a frappé du premier coup pour envoyer le ballon dans le coin inférieur droit du but algérien. Contre le cours du jeu, la Jordanie prenait ainsi l’avantage et faisait naître l’espoir d’un exploit historique.
Au retour des vestiaires, Vladimir Petkovic a rapidement réagi. Le technicien suisse a procédé à deux changements importants en faisant entrer Nabil Bentaleb et Nadhir Benbouali. Ces ajustements ont transformé le visage de l’équipe algérienne, qui a gagné en agressivité, en intensité et en présence dans la surface adverse.
L’entrée de Benbouali s’est révélée particulièrement décisive. L’attaquant, qui a souvent estimé ne pas avoir reçu la reconnaissance méritée au cours de sa carrière, a saisi l’occasion de démontrer toute sa valeur sur la scène mondiale. Dès ses premiers ballons, il a apporté de la profondeur et de l’énergie à l’attaque des Fennecs.
La pression algérienne s’est accentuée au fil des minutes. Les Jordaniens ont résisté avec courage mais ont fini par céder à la 69e minute. Sur un corner parfaitement frappé par Riyad Mahrez, Benbouali s’est élevé au-dessus de la défense adverse pour placer une tête puissante. Le ballon a rebondi juste devant la ligne avant de terminer sa course au fond des filets. L’égalisation était méritée et récompensait les efforts constants des Algériens.
Portée par un public enthousiaste, l’Algérie a poursuivi son offensive à la recherche du but victorieux. Les Jordaniens, visiblement éprouvés physiquement, ont commencé à reculer davantage. Chaque coup de pied arrêté semblait désormais représenter une menace sérieuse pour leur défense.
À huit minutes du terme, le tournant décisif est finalement arrivé. Sur un nouveau corner, cette fois tiré par le remplaçant Anis Hadj Moussa, le ballon a créé une grande confusion dans la surface jordanienne. Une déviation involontaire de Nizar Al-Rashdan a surpris la défense et offert une opportunité en or à Amine Gouiri. Opportuniste, l’attaquant algérien a poussé le ballon au fond des filets, déclenchant l’explosion de joie dans les tribunes.
Ce but, synonyme de victoire, pourrait bien marquer un tournant dans le parcours algérien au sein de cette Coupe du monde. Après les doutes engendrés par la défaite contre l’Argentine, les Fennecs ont montré leur capacité à réagir dans l’adversité et à faire preuve de résilience.
Grâce à ce succès, l’Algérie rejoint l’Autriche avec trois points dans le groupe J. Dans le même temps, la victoire 2-0 de l’Argentine contre les Autrichiens assure déjà la qualification de l’Albiceleste pour le tour suivant en tant que leader du groupe. Les champions du monde en titre ont une nouvelle fois démontré leur statut de favoris, notamment grâce aux performances exceptionnelles de leur capitaine Lionel Messi, auteur des cinq buts de son équipe depuis le début du tournoi.
Pour l’Algérie, tout se jouera désormais lors du prochain match face à l’Autriche. Cette rencontre revêt une dimension particulière en raison d’un épisode resté gravé dans la mémoire collective du football algérien : la célèbre « honte de Gijón » lors de la Coupe du monde 1982.
À l’époque, l’Algérie avait réalisé des performances remarquables, notamment une victoire historique contre l’Allemagne de l’Ouest. Cependant, le dernier match du groupe entre l’Allemagne de l’Ouest et l’Autriche avait suscité une vive controverse. Le score final avait permis aux deux nations européennes de se qualifier aux dépens de l’Algérie. Bien que la FIFA ait officiellement blanchi les deux équipes de toute accusation de collusion, cet épisode demeure une blessure profonde dans l’histoire du football algérien.
Quarante-quatre ans plus tard, les Fennecs auront l’occasion d’écrire un nouveau chapitre et, symboliquement, de prendre leur revanche sportive. Une victoire contre l’Autriche leur ouvrirait les portes de la phase à élimination directe et constituerait l’un des moments forts de leur histoire récente.
De son côté, la Jordanie quitte la compétition avec des regrets mais aussi avec l’honneur d’avoir livré des prestations courageuses pour sa première participation à une Coupe du monde. Les Jordaniens tenteront de conclure leur aventure sur une note positive lors de leur dernier match contre l’Argentine et Lionel Messi.
Pour l’heure, c’est bien l’Algérie qui savoure. Grâce au sang-froid d’Amine Gouiri, à l’impact décisif de Nadhir Benbouali et au leadership retrouvé de Riyad Mahrez, les Verts ont ravivé l’espoir d’un parcours mémorable. Dans une compétition où chaque détail compte, cette victoire pourrait être celle qui change tout.

