Les exportations sénégalaises ont progressé de 52% sur les neuf premiers mois de 2025, portées par les hydrocarbures et les produits halieutiques, tandis que le déficit commercial a été réduit de moitié. Cette embellie intervient alors que l’agence S&P a dégradé la note souveraine du pays à « CCC+ », pointant une dette publique de 119% du PIB et d’importants besoins de financement pour 2026.
Le commerce extérieur du Sénégal affiche une performance remarquable durant les neuf premiers mois de l’année 2025, avec une forte progression des exportations et une réduction substantielle du déficit commercial, d’après les dernières statistiques de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) consultées à APA.
Les exportations se sont établies à 420,8 milliards de FCFA (746 millions de dollars) en septembre 2025, enregistrant une hausse de 4,0% par rapport au mois d’août. Sur les neuf premiers mois, le cumul atteint 4 097,6 milliards de FCFA (7,26 milliards de dollars), soit une progression spectaculaire de 52,0% comparativement à la même période de 2024.
Cette performance est principalement soutenue par les ventes d’huiles brutes de pétrole (108,8 milliards de FCFA/193 millions de dollars), de produits pétroliers raffinés (95,3 milliards/169 millions de dollars), d’or non monétaire (40,7 milliards/72 millions de dollars) et de crustacés, mollusques et coquillages (18,5 milliards/33 millions de dollars). Le Mali se maintient comme premier client du Sénégal avec 20,1% des parts de marché, devançant l’Italie (10,9%) et l’Espagne (10,6%).
Léger recul des importations
Du côté des importations, elles s’élèvent à 502,7 milliards de FCFA (891 millions de dollars) en septembre, affichant un recul de 2,9% sur un mois. Sur neuf mois, elles totalisent 5 224,5 milliards (9,26 milliards de dollars), soit une légère progression de 1,2% par rapport à 2024.
Les principaux produits importés demeurent les produits pétroliers hors brut (80,5 milliards de FCFA/143 millions de dollars), les machines et appareils (44,3 milliards/79 millions de dollars), l’huile brute de pétrole (42,4 milliards/75 millions de dollars) et le riz (26,9 milliards/48 millions de dollars). La Chine conserve sa place de premier fournisseur avec 17,0% des parts, suivie par la Russie (9,9%) et le Nicaragua (8,4%).
Déficit commercial divisé par deux
Le solde commercial enregistre une nette amélioration, avec un déficit de 81,9 milliards de FCFA (145 millions de dollars) en septembre contre 112,8 milliards (200 millions de dollars) le mois précédent. Sur les neuf premiers mois, le déficit s’établit à 1 126,9 milliards (1,99 milliard de dollars), représentant moins de la moitié du déficit constaté à la même période en 2024 (-2 468,2 milliards/-4,37 milliards de dollars).
Cette amélioration résulte de la réduction du déficit avec la France (-3,6 milliards de FCFA en septembre 2025 contre -18,6 milliards au mois précédent), les États-Unis (-10,1 milliards contre -18,6 milliards) et le Brésil (-12,5 milliards contre -20,6 milliards), ainsi que du renforcement de l’excédent commercial avec le Mali (84,3 milliards contre 64,1 milliards), l’Espagne (33,7 milliards contre 18,2 milliards) et la Guinée (11,2 milliards contre 8,3 milliards).
Mobilisation réussie sur le marché financier
Cette dynamique positive du commerce extérieur s’accompagne d’une confiance renouvelée des investisseurs envers l’économie sénégalaise. Le ministère des Finances et du Budget a annoncé vendredi avoir mobilisé 99 milliards de FCFA (175 millions de dollars) lors d’une émission de titres publics par adjudication sur le marché financier domestique, dépassant l’objectif initial de 90 milliards (159 millions de dollars) avec un taux de couverture de 111%.
Le rendement moyen pondéré de l’émission s’est établi à 6,88%, témoignant de conditions de financement jugées soutenables pour l’État. Cette levée s’inscrit dans le cadre de l’exécution du plan de financement 2025, le gouvernement réaffirmant son engagement à maintenir un cadre macroéconomique stable.
Contexte budgétaire sous tension
Ces performances interviennent toutefois dans un contexte budgétaire marqué par des défis importants. L’agence de notation S&P Global Ratings a abaissé vendredi la note de crédit souverain du Sénégal de « B- » à « CCC+ », évoquant une situation d’endettement précaire avec une dette publique estimée à 119% du PIB.
L’agence pointe notamment les besoins de financement bruts élevés pour 2026, estimés à environ 29% du PIB, avec un service de la dette extérieure de 2 600 milliards de FCFA (4,61 milliards de dollars). La suspension du programme du FMI de 1,8 milliard de dollars en octobre 2024 et les négociations en cours pour un nouvel accord compliquent davantage l’équation budgétaire du pays.

