Dans une annonce qui marque un tournant significatif de sa politique étrangère, le Mali a ოფიციèlement déclaré la fin de sa reconnaissance de la « République arabe sahraouie démocratique » (Rasd) et affirmé son soutien au plan d’autonomie proposé par le Maroc pour le Sahara. Cette décision, rendue publique le vendredi 10 avril à Bamako, reflète une évolution stratégique majeure dans la position diplomatique malienne sur un dossier sensible et de longue date au sein du continent africain.
La déclaration officielle a été lue par le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale du Mali, Abdoulaye Diop, à l’issue d’une rencontre avec son homologue marocain, Nasser Bourita. Ce dernier effectuait une visite officielle dans la capitale malienne, Bamako, sur hautes instructions du souverain marocain, Mohammed VI. Cette rencontre bilatérale a servi de cadre à l’annonce de ce repositionnement diplomatique, qui pourrait avoir des répercussions importantes sur les équilibres régionaux.
Selon les autorités maliennes, cette décision s’inscrit dans le cadre d’une réévaluation approfondie du dossier saharien. Le gouvernement affirme avoir mené une analyse détaillée des enjeux liés à cette question, qu’il considère comme cruciale pour la stabilité et la sécurité dans la région sahélo-saharienne. Le ministre Abdoulaye Diop a souligné que cette nouvelle orientation reflète une volonté de clarifier la position du Mali face à un conflit qui perdure depuis plusieurs décennies.
Le retrait de la reconnaissance de la Rasd constitue un changement notable dans la diplomatie malienne, historiquement marquée par des positions plus nuancées sur la question. En rompant officiellement avec cette reconnaissance, Bamako s’inscrit désormais dans une dynamique de rapprochement avec Rabat, tout en adoptant une position plus alignée sur celle de plusieurs autres pays africains et internationaux ayant récemment soutenu l’initiative marocaine.
Dans le prolongement de cette décision, le Mali a exprimé un soutien explicite au plan d’autonomie proposé par le Maroc. Ce plan, présenté par Rabat comme une solution politique au différend autour du Sahara, prévoit l’octroi d’une large autonomie aux populations locales sous souveraineté marocaine. Dans sa déclaration, le gouvernement malien a qualifié cette initiative de « seule base sérieuse et crédible » pour parvenir à une solution durable au conflit.
Les autorités maliennes estiment que cette option représente « la solution la plus réaliste » pour mettre un terme à ce différend, en tenant compte des réalités politiques et géopolitiques de la région. Ce positionnement s’inscrit dans une tendance observée ces dernières années, où plusieurs États africains et arabes ont exprimé leur soutien au plan marocain, contribuant ainsi à renforcer la légitimité internationale de cette proposition.
Par ailleurs, le Mali a réaffirmé son attachement au cadre multilatéral des Nations Unies pour le règlement de ce conflit. Le pays a exprimé son soutien aux efforts de l’Organisation des Nations Unies ainsi qu’à ceux de l’Envoyé personnel du Secrétaire général chargé du dossier du Sahara. Cette approche souligne la volonté de Bamako de s’inscrire dans une démarche conforme au droit international et aux mécanismes de résolution pacifique des conflits.
Dans ce contexte, les autorités maliennes ont fait référence aux résolutions du Conseil de sécurité, notamment la résolution 2797 adoptée le 31 octobre 2025. Cette résolution appelle à la reprise des négociations politiques en vue de parvenir à une solution durable, pragmatique et mutuellement acceptable. En s’y référant, le Mali confirme son engagement en faveur d’un processus politique encadré par les Nations Unies.
Au-delà de sa dimension diplomatique, cette décision pourrait également avoir des implications stratégiques pour le Mali, notamment en matière de coopération régionale et de sécurité. Le rapprochement avec le Maroc pourrait ouvrir la voie à un renforcement des partenariats économiques et sécuritaires entre les deux pays, dans un contexte où le Mali fait face à des défis importants liés à la lutte contre le terrorisme et à la stabilité intérieure.
De plus, ce repositionnement pourrait influencer les relations du Mali avec certains acteurs régionaux et internationaux, notamment ceux qui soutiennent la Rasd. Il s’agit donc d’un choix diplomatique qui pourrait redéfinir les alliances et les dynamiques au sein de la région sahélo-saharienne.
Le ministre Abdoulaye Diop a indiqué que cette décision sera officiellement notifiée aux organisations régionales et internationales dont le Mali est membre, ainsi qu’au corps diplomatique accrédité à Bamako. Cette démarche vise à formaliser ce changement de position et à en assurer la reconnaissance sur la scène internationale.
En définitive, l’annonce du Mali marque une étape importante dans l’évolution de sa politique étrangère. En mettant fin à la reconnaissance de la Rasd et en soutenant le plan d’autonomie marocain, Bamako opère un choix stratégique qui pourrait contribuer à redessiner les contours du dossier saharien. Reste à savoir quelles seront les répercussions concrètes de cette décision, tant sur le plan régional qu’international, et si elle permettra de rapprocher les positions en vue d’une résolution durable de ce conflit.

