Antananarivo dénonce un geste perçu comme une atteinte à la souveraineté nationale et une insulte à la mémoire des victimes des événements de 2025, alors que le pays est dirigé depuis plusieurs mois par le colonel Michael Randrianirina.
La présidence de la Refondation de la République de Madagascar a exprimé samedi sa condamnation la plus ferme à l’égard de l’accueil officiel réservé par le Royaume d’Eswatini à Andry Rajoelina, ancien président déchu du pays.
Dans un communiqué publié ce jour, les autorités malgaches estiment que ce geste constitue une atteinte grave à la souveraineté de l’État malagasy, un mépris des principes de justice et une insulte aux droits fondamentaux des citoyens malgaches durant le régime de M. Rajoelina. La présidence rappelle également que l’ex-président ne possède plus la nationalité malagasy, l’ayant volontairement perdue.
La situation est d’autant plus sensible que M. Rajoelina était en fonction lors des événements tragiques de septembre et octobre 2025, qui ont coûté la vie à une trentaine de citoyens malgaches. Ces événements ont conduit à sa chute précipitée, lors d’un soulèvement populaire porté par la génération Z sur fond de contestations sociales. Depuis plusieurs mois, le pays est dirigé par le colonel Michael Randrianirina.
Le communiqué souligne que l’accueil par Eswatini constitue un facteur de trouble et de perturbation du processus de paix et de réconciliation nationale, en cours avec l’accompagnement de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC).
Madagascar a indiqué avoir adressé une lettre officielle au Secrétariat de la SADC et au président sud-africain Cyril Ramaphosa pour porter à leur connaissance ses préoccupations.
Le pays affirme rester résolument engagé dans la défense de sa souveraineté, de la dignité de son peuple et de la mémoire de ses victimes, précisant qu’aucune considération politique ou protocolaire ne saurait prévaloir sur ces principes fondamentaux.

