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L’ancien président du Sénégal Macky Sall se lance dans la course au secrétariat général des Nations Unies

La campagne pour le poste le plus stratégique du système multilatéral mondial entre dans une phase décisive. L’ancien président du Sénégal, Macky Sall, est officiellement entré dans la course pour devenir le prochain secrétaire général des Nations Unies. Sa candidature marque un tournant important dans la bataille diplomatique qui s’annonce en vue de la succession d’António Guterres, dont le mandat arrive à son terme le 31 décembre 2026 après dix années à la tête de l’organisation.

 

La nomination de Macky Sall a été présentée par le Burundi. L’annonce a été confirmée le lundi 2 mars par la porte-parole de l’Assemblée générale des Nations Unies, La Neice Collins. Cette officialisation place l’ancien chef d’État sénégalais parmi les prétendants sérieux à la direction de l’institution internationale la plus influente au monde.

 

À ce stade, Macky Sall apparaît comme le seul candidat africain déclaré. Plusieurs sources diplomatiques indiquent que le continent africain pourrait choisir de soutenir un candidat unique afin de maximiser ses chances face aux autres régions du monde. Une telle stratégie viserait à éviter la dispersion des voix africaines au sein de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité, dont le rôle est déterminant dans le processus de sélection.

 

Macky Sall a dirigé le Sénégal de 2012 à 2024. Son parcours à la tête de l’État sénégalais a été marqué par des réformes économiques, des projets d’infrastructures d’envergure et une diplomatie active sur la scène africaine et internationale. Sous sa présidence, le Sénégal a renforcé sa position en Afrique de l’Ouest et a consolidé ses partenariats stratégiques avec l’Europe, les États-Unis, la Chine et les institutions financières internationales.

 

Durant ses deux mandats, il a également occupé des responsabilités continentales importantes, notamment à la présidence de l’Union africaine. Ce rôle lui a permis de se positionner comme un médiateur dans plusieurs crises régionales et de participer aux discussions sur la sécurité, le climat, la dette africaine et le développement durable.

 

Sa candidature intervient dans un contexte international complexe. Les Nations Unies font face à des défis majeurs. Les conflits armés persistent dans plusieurs régions du monde. Les tensions géopolitiques entre grandes puissances fragilisent le multilatéralisme. Les crises climatiques, alimentaires et sanitaires continuent d’affecter des millions de personnes. Le prochain secrétaire général devra naviguer dans un environnement diplomatique tendu et tenter de préserver le rôle central de l’ONU.

 

La succession d’António Guterres suscite déjà une intense activité diplomatique. Le Portugais, en poste depuis 2017, aura exercé deux mandats consécutifs de cinq ans chacun. Son départ ouvre une compétition stratégique où chaque région du monde cherche à faire valoir son influence.

 

Outre Macky Sall, plusieurs personnalités de premier plan ont été officiellement nommées. L’ancienne présidente du Chili, Michelle Bachelet, figure parmi les candidates. Elle bénéficie d’une solide expérience internationale, notamment à la tête du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme. Son profil est associé à la défense des droits humains et à la gouvernance démocratique.

 

Le diplomate argentin Rafael Grossi est également en lice. Actuel directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, il possède une expertise reconnue dans les questions nucléaires et la non-prolifération. Son expérience technique et diplomatique pourrait séduire certains membres permanents du Conseil de sécurité.

 

Le Costa Rica propose pour sa part Rebeca Grynspan, ancienne vice-présidente du pays et actuelle secrétaire générale d’une organisation internationale spécialisée dans le commerce et le développement. Son profil économique et social met l’accent sur les inégalités et la coopération internationale.

 

La procédure de désignation du secrétaire général est complexe. Le Conseil de sécurité recommande un candidat à l’Assemblée générale, qui procède ensuite à la nomination formelle. Les cinq membres permanents du Conseil disposent d’un droit de veto. Cela signifie qu’un consensus minimal entre les grandes puissances sera indispensable.

 

Dans ce contexte, la dimension géopolitique de la candidature de Macky Sall sera déterminante. L’Afrique revendique depuis plusieurs années une représentation accrue au sein des instances internationales. Certains diplomates estiment que le moment pourrait être favorable à un retour du continent à la tête de l’ONU.

 

Si Macky Sall est élu, il deviendra le troisième Africain à occuper cette fonction. L’Égyptien Boutros Boutros-Ghali a dirigé l’organisation de 1992 à 1996. Le Ghanéen Kofi Annan a exercé deux mandats de 1997 à 2006 et reste l’une des figures les plus respectées de l’histoire récente des Nations Unies. Depuis le départ de Kofi Annan, aucun Africain n’a dirigé l’organisation.

 

La perspective d’un retour africain au sommet de l’ONU revêt une portée symbolique forte. Le continent représente plus d’un quart des États membres. Il est au cœur de nombreuses opérations de maintien de la paix et demeure une priorité dans les agendas liés au développement, au climat et à la sécurité.

 

Cependant, la compétition s’annonce serrée. Les équilibres régionaux, les alliances diplomatiques et les intérêts stratégiques des grandes puissances pèseront lourd dans la décision finale. Les prochains mois seront marqués par des consultations discrètes, des auditions publiques et des négociations intenses.

 

Pour Macky Sall, l’enjeu dépasse la simple ambition personnelle. Sa candidature incarne une vision du rôle de l’Afrique dans la gouvernance mondiale. Elle reflète aussi l’évolution du leadership africain sur la scène internationale.

 

La campagne est désormais lancée. Les regards se tournent vers New York, où se jouera l’un des scrutins diplomatiques les plus importants des prochaines années. Le successeur d’António Guterres devra incarner la crédibilité, l’équilibre et la capacité de dialogue dans un monde fragmenté.

 

D’ici à l’élection prévue en 2026, chaque déclaration, chaque prise de position et chaque soutien comptera. Macky Sall entre dans l’arène avec une expérience présidentielle solide et un réseau diplomatique étendu. Reste à savoir si cela suffira pour convaincre les grandes puissances et rassembler une majorité autour de son nom.

 

Une nouvelle page de l’histoire des Nations Unies est en train de s’écrire. L’Afrique espère y inscrire le sien.

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