*Conakry, 18 mars 2026* — Une nouvelle dynamique de paix semble s’installer en Afrique de l’Ouest. À la suite du sommet tripartite tenu le 16 mars 2026 à Conakry, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Youssouf Ali, a exprimé sa profonde satisfaction face à la décision conjointe de la Guinée, du Libéria et de la Sierra Leone de privilégier une approche pacifique et diplomatique pour résoudre leurs différends frontaliers.
Ce sommet de haut niveau, organisé dans la capitale guinéenne, marque un tournant significatif dans la gestion des tensions récurrentes qui ont, par le passé, fragilisé la stabilité de la région. Les chefs d’État des trois pays concernés ont choisi la voie du dialogue, une décision largement saluée par les observateurs régionaux et internationaux.
Dans une déclaration officielle, Mahmoud Youssouf Ali a souligné que cette initiative s’inscrit pleinement dans les principes fondamentaux de l’Union africaine, notamment ceux consacrés par l’Acte constitutif de 2000 et le Pacte de non-agression et de défense commune de 2009. Ces instruments juridiques encouragent les États membres à résoudre leurs différends par des moyens pacifiques, dans le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de chacun.
Le président de la Commission a également salué l’esprit de coopération et de bon voisinage qui a animé les discussions. Selon lui, la décision des trois pays d’opter pour la diplomatie témoigne d’une maturité politique et d’une volonté commune de préserver la stabilité régionale. « Ce jalon illustre la capacité des États africains à apporter des solutions africaines aux défis africains », a-t-il déclaré.
Au cœur de cette initiative se trouve la revitalisation de l’Union du fleuve Mano (MRU), une organisation régionale regroupant les trois pays concernés. Créée pour favoriser la coopération économique et sécuritaire, la MRU a souvent été mise à l’épreuve par des tensions frontalières et des crises internes. Le sommet de Conakry apparaît ainsi comme une opportunité de relancer cette organisation et de renforcer son rôle dans la consolidation de la paix.
La décision de convoquer, dans un délai d’un mois, un nouveau sommet dédié à la relance de la MRU a été particulièrement bien accueillie. Cette rencontre à venir devrait permettre d’institutionnaliser le dialogue entre les États membres et de mettre en place des mécanismes durables pour prévenir les conflits. Elle devrait également aborder des questions clés liées au développement économique, à la sécurité transfrontalière et à la gestion des ressources naturelles.
Le rôle de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) dans ce processus a également été salué. L’organisation régionale, en collaboration avec plusieurs partenaires internationaux, a œuvré en coulisses pour faciliter le dialogue et encourager les parties à privilégier une solution pacifique. Cette médiation discrète mais efficace a contribué à créer un climat de confiance propice aux négociations.
Les tensions frontalières entre la Guinée, le Libéria et la Sierra Leone trouvent leurs racines dans des différends historiques liés à la délimitation des frontières héritées de la période coloniale. Ces différends ont parfois donné lieu à des incidents localisés, alimentant la méfiance entre les populations riveraines et compliquant les efforts de coopération régionale.
Cependant, la décision récente des trois gouvernements de privilégier le dialogue marque une rupture avec les approches passées. Elle ouvre la voie à une résolution durable des différends, fondée sur le respect mutuel et la concertation. Pour de nombreux analystes, cette évolution pourrait servir d’exemple à d’autres régions du continent confrontées à des problématiques similaires.
Au-delà de la dimension politique, cette initiative revêt également une importance stratégique pour le développement économique de la région. La stabilité des frontières est en effet essentielle pour favoriser les échanges commerciaux, attirer les investissements et promouvoir l’intégration régionale. En optant pour une solution pacifique, les trois pays envoient un signal fort aux partenaires économiques et aux investisseurs.
Mahmoud Youssouf Ali a insisté sur le fait que ce règlement pacifique constitue un modèle pour l’ensemble du continent africain. Il a appelé les autres États membres de l’Union africaine à s’inspirer de cette démarche pour résoudre leurs propres différends. « La paix et la sécurité sont les fondements du développement durable. Sans elles, aucun progrès économique ou social n’est possible », a-t-il rappelé.
Le président de la Commission a également réaffirmé l’engagement de l’Union africaine à accompagner les trois pays dans la mise en œuvre de leurs engagements. Cet appui se traduira notamment par une assistance technique, un soutien diplomatique et la mobilisation de ressources pour renforcer les capacités institutionnelles.
Sur le terrain, les populations locales accueillent cette initiative avec un mélange d’espoir et de prudence. Dans les zones frontalières, où les tensions ont parfois perturbé la vie quotidienne, la perspective d’une paix durable est perçue comme une opportunité de relance économique et de cohésion sociale. Les autorités locales sont appelées à jouer un rôle clé dans la mise en œuvre des accords et dans la sensibilisation des communautés.
Par ailleurs, les partenaires internationaux, y compris les agences des Nations unies et les organisations non gouvernementales, ont exprimé leur soutien à cette démarche. Ils soulignent l’importance d’un accompagnement coordonné pour garantir la durabilité des résultats obtenus.
En conclusion, le sommet de Conakry et la réaction positive de l’Union africaine marquent une étape importante dans la consolidation de la paix en Afrique de l’Ouest. La décision de la Guinée, du Libéria et de la Sierra Leone de privilégier le dialogue et la diplomatie constitue un signal fort en faveur de la stabilité régionale. Elle témoigne de la capacité des États africains à surmonter leurs différends par des moyens pacifiques et à construire ensemble un avenir commun fondé sur la coopération et le développement durable.
Alors que le prochain sommet de l’Union du fleuve Mano se profile à l’horizon, les regards restent tournés vers cette région stratégique, avec l’espoir que cette dynamique positive se traduise par des avancées concrètes et durables au bénéfice des populations.

