Inglewood (Californie) – L'Espagne a confirmé son retour parmi les grandes favorites de la Coupe du monde en s'imposant avec maîtrise face à l'Autriche (3-0), jeudi, lors des seizièmes de finale. Portée par un doublé de Mikel Oyarzabal et un but de Pedro Porro, la Roja a livré sa prestation la plus aboutie depuis le début du tournoi, validant ainsi son billet pour les huitièmes de finale où elle affrontera le vainqueur du duel entre le Portugal et la Croatie.
Quatorze ans après son sacre mondial en Afrique du Sud, la sélection espagnole décroche sa première victoire dans un match à élimination directe de Coupe du monde depuis son titre de 2010. Une performance qui confirme les ambitions d'une équipe talentueuse, capable de conjuguer maîtrise collective, efficacité offensive et solidité défensive.
Face à une formation autrichienne réputée pour son engagement physique, les hommes de Luis De La Fuente ont rapidement imposé leur philosophie de jeu. Grâce à une possession de balle largement en leur faveur et à des enchaînements techniques de grande qualité, les Espagnols ont progressivement étouffé leurs adversaires, incapables de rivaliser dans la construction du jeu.
Le grand artisan de cette victoire est sans conteste Mikel Oyarzabal. Le capitaine de la Real Sociedad a inscrit un doublé décisif, portant à quatre son total de buts depuis le début de la compétition. Très disponible, précis dans ses déplacements et clinique devant le but, l'attaquant a parfaitement illustré la montée en puissance de la sélection ibérique.
Après la rencontre, Oyarzabal s'est montré satisfait de la prestation collective. Il a souligné que l'équipe s'attendait à une opposition difficile face à une formation autrichienne très athlétique, mais a estimé que l'Espagne avait livré un excellent match dans tous les compartiments du jeu. Pour lui, l'essentiel est désormais de récupérer avant le prochain rendez-vous.
L'ouverture du score est intervenue à la 36e minute. Après une première demi-heure relativement prudente, les Espagnols ont accéléré le rythme à la faveur de la pause fraîcheur. Quelques minutes après une première tentative repoussée par le gardien Alexander Schlager, Marc Cucurella a parfaitement servi Oyarzabal dans la surface. Seul face au but, l'attaquant n'a laissé aucune chance au portier autrichien en concluant avec sang-froid.
Avant la pause, l'Espagne a encore failli faire le break. Sur un superbe coup franc de près de vingt-cinq mètres, Álex Baena a trouvé la barre transversale. Dans la continuité de l'action, Lamine Yamal s'est heurté à une intervention exceptionnelle de Schlager, auteur d'un arrêt réflexe à bout portant.
Malgré ce retard d'un but, l'Autriche est revenue sur la pelouse avec l'ambition de renverser la situation. Cependant, la domination espagnole s'est accentuée au fil des minutes. Grâce à une circulation de balle rapide et à une grande mobilité offensive, la Roja a continuellement mis sous pression la défense adverse.
Le deuxième but est arrivé en seconde période. Álex Baena a débordé sur le côté gauche avant d'adresser un centre parfaitement dosé vers Pedro Porro. Le défenseur espagnol, oublié par le marquage autrichien, a placé une tête puissante qui a terminé au fond des filets. Il s'agit du premier but international de Porro, une réalisation qui récompense son activité offensive tout au long de la rencontre.
L'Espagne n'a ensuite jamais relâché son emprise sur le match. Les occasions se sont multipliées, notamment grâce à l'inspiration du jeune prodige Lamine Yamal. Âgé de seulement 18 ans, le joueur du FC Barcelone a une nouvelle fois impressionné par sa maturité et sa créativité. Très applaudi par les supporters espagnols présents en nombre au SoFi Stadium, il a signé quatre des dix tirs cadrés de son équipe.
À quelques minutes du terme de la rencontre, Yamal est même passé tout près d'inscrire son premier but dans cette phase à élimination directe. Sa puissante frappe a toutefois été déviée sur la ligne par le défenseur autrichien David Alaba, évitant un quatrième but espagnol.
Le troisième but est finalement arrivé à la 89e minute. Une nouvelle fois parfaitement lancé par Marc Cucurella, très inspiré sur son côté gauche, Mikel Oyarzabal a conclu d'une frappe précise pour s'offrir un doublé et sceller définitivement le succès de son équipe. Avec deux passes décisives, Cucurella s'est également illustré comme l'un des grands artisans de cette victoire.
À l'issue de la rencontre, le sélectionneur Luis De La Fuente s'est montré particulièrement satisfait de la prestation de ses joueurs. Il a estimé que les grandes équipes savent répondre présentes dans les moments importants et a qualifié la performance de son équipe de très proche de la perfection. Le technicien espagnol a toutefois rappelé qu'il restait encore des axes de progression, chaque adversaire devenant plus difficile à mesure que la compétition avance.
Au-delà de son efficacité offensive, l'Espagne confirme surtout son exceptionnelle solidité défensive. Depuis le début du tournoi, la Roja n'a toujours encaissé aucun but. Le gardien Unai Simón a enchaîné un quatrième match consécutif sans encaisser de réalisation. Fait remarquable, il n'a même pas eu besoin d'effectuer le moindre arrêt contre l'Autriche, cette dernière n'étant jamais parvenue à cadrer une seule frappe.
Cette performance illustre parfaitement la maîtrise collective de la sélection espagnole, dont le pressing constant et la qualité de récupération ont empêché les Autrichiens de développer leur jeu.
Pour l'Autriche, cette élimination met fin à un parcours néanmoins encourageant. Les hommes de Ralf Rangnick avaient créé la surprise en atteignant les phases à élimination directe pour la première fois depuis la Coupe du monde 1998. Leur qualification avait été acquise grâce à un but inscrit dans les dernières secondes face à l'Algérie lors de la phase de groupes.
Malgré la défaite, le gardien Alexander Schlager peut quitter la compétition avec les honneurs. Auteur de six arrêts décisifs, il a longtemps retardé l'échéance face aux assauts répétés des Espagnols. Sans ses interventions, le score aurait pu être beaucoup plus lourd.
En revanche, cette nouvelle élimination prolonge une longue attente pour le football autrichien. La sélection n'a plus remporté le moindre match à élimination directe en Coupe du monde depuis 1954, une statistique qui témoigne des difficultés rencontrées par le pays sur la scène mondiale.
Du côté espagnol, cette qualification confirme le retour de la Roja au plus haut niveau international. Après avoir remporté la Ligue des nations en 2023 puis le Championnat d'Europe en 2024, l'équipe dirigée par Luis De La Fuente poursuit une impressionnante série de trente-cinq matchs officiels sans défaite depuis mars 2023. Seule la finale de la Ligue des nations 2025, perdue aux tirs au but face au Portugal, est venue interrompre cette dynamique victorieuse.
L'Espagne semble aujourd'hui avoir définitivement tourné la page des déceptions vécues lors des trois précédentes Coupes du monde, marquées par deux éliminations en phase à élimination directe et une sortie dès la phase de groupes.
Avec un collectif parfaitement huilé, une génération talentueuse incarnée par Lamine Yamal, Oyarzabal, Baena ou encore Pedri, et une défense qui demeure infranchissable, la Roja s'affirme comme l'un des principaux prétendants au titre mondial.
Le prochain rendez-vous, face au Portugal ou à la Croatie, constituera un véritable test pour mesurer les ambitions de cette sélection espagnole. Au regard de la prestation livrée face à l'Autriche, les hommes de Luis De La Fuente semblent toutefois avoir retrouvé le niveau qui avait fait d'eux les champions du monde en 2010. Plus que jamais, l'Espagne apparaît comme une équipe capable de viser les sommets dans cette Coupe du monde.

