Le Caire – L’Égypte a célébré cette semaine un événement historique majeur : le bicentenaire de son ministère des Affaires étrangères. À cette occasion, le président Abdel Fattah Al-Sissi a rendu hommage aux générations successives de diplomates qui ont représenté le pays sur la scène internationale depuis la création de l’institution en 1826. Dans un message publié jeudi 25 juin, le chef de l’État a souligné le rôle essentiel joué par la diplomatie égyptienne dans la défense des intérêts nationaux, la promotion de la paix et le rayonnement de l’Égypte à travers le monde.
Cette célébration intervient dans un contexte régional et international marqué par de nombreux défis géopolitiques, où l’action diplomatique demeure un instrument central de la politique étrangère égyptienne. Le président a profité de cette occasion pour rappeler l’importance de l’héritage diplomatique du pays et encourager les nouvelles générations à poursuivre cette mission avec professionnalisme et dévouement.
Un hommage aux femmes et aux hommes de la diplomatie égyptienne
Dans son message, le président Al-Sissi a adressé ses félicitations à l’ensemble des membres du ministère des Affaires étrangères, saluant leur engagement au service de l’État égyptien.
« À l’occasion des 200 ans du début de la diplomatie égyptienne, je félicite les femmes et les hommes du ministère des Affaires étrangères », a déclaré le chef de l’État.
Le président a particulièrement mis en avant le travail accompli par les diplomates égyptiens au fil des générations. Selon lui, leur action a permis à l’Égypte de renforcer sa présence internationale, de défendre ses intérêts stratégiques et de participer activement aux grandes questions mondiales.
Il a également rendu hommage aux nombreuses figures qui ont marqué l’histoire diplomatique du pays. Depuis la création du ministère sous le règne de Mohamed Ali Pacha jusqu’à aujourd’hui, plusieurs diplomates ont joué un rôle déterminant dans les moments clés de l’histoire moderne de l’Égypte, notamment durant les périodes de décolonisation, les conflits régionaux et les négociations internationales.
Le président a enfin exprimé ses vœux de réussite à l’ensemble du corps diplomatique, les invitant à poursuivre leurs efforts afin de « faire triompher la vérité, promouvoir la paix et préserver les valeurs authentiques qui fondent les relations internationales de l’Égypte ».
Une diplomatie enracinée dans plusieurs millénaires d’histoire
Si le ministère des Affaires étrangères célèbre officiellement deux siècles d’existence institutionnelle, les responsables égyptiens insistent sur le fait que les racines de la diplomatie nationale remontent bien au-delà de la création du ministère moderne.
Lors d’une intervention consacrée à cet anniversaire, le ministre des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, a souligné que la tradition diplomatique égyptienne s’inscrit dans une continuité historique exceptionnelle.
Selon lui, l’Égypte possède l’une des plus anciennes traditions diplomatiques du monde, étroitement liée à l’histoire de l’État égyptien lui-même.
« La diplomatie égyptienne remonte à des milliers d’années, aussi ancienne que l’État égyptien lui-même. L’histoire a commencé ici, et les institutions de l’État au sens moderne sont nées ici, en Égypte », a-t-il affirmé.
Cette déclaration vise à rappeler que l’Égypte pharaonique entretenait déjà des relations complexes avec les royaumes voisins grâce à des réseaux de négociation, d’alliance et de coopération qui constituent les fondements de la diplomatie moderne.
Le traité de Ramsès II, symbole d’un héritage diplomatique unique
Pour illustrer cette ancienneté, le ministre a évoqué l’un des événements les plus célèbres de l’histoire diplomatique mondiale : le traité de paix conclu entre le pharaon Ramsès II et les Hittites.
Signé après la bataille de Qadesh, ce traité est souvent considéré comme le premier accord de paix international connu de l’histoire. Datant de plus de trois millénaires, il demeure un symbole de la capacité des civilisations anciennes à privilégier la négociation et le dialogue pour résoudre les conflits.
Ce document historique, dont des copies sont conservées dans plusieurs institutions internationales, continue d’être cité comme une référence dans l’étude des relations internationales.
Pour les autorités égyptiennes, cet héritage illustre la profondeur historique de la diplomatie nationale et son attachement ancien aux principes de paix, de coopération et de règlement pacifique des différends.
Deux siècles au service de l’État moderne
Le ministère des Affaires étrangères a été créé en 1826 sous le règne de Mohamed Ali Pacha, considéré comme le fondateur de l’Égypte moderne. Cette institution a joué un rôle central dans l’affirmation progressive de l’indépendance politique du pays et dans son intégration au sein de la communauté internationale.
Au cours de ses deux cents années d’existence, le ministère a accompagné toutes les grandes transformations de l’État égyptien. Il a participé aux négociations internationales majeures, à la défense de la souveraineté nationale et à la consolidation des relations bilatérales avec de nombreux partenaires à travers le monde.
Les diplomates égyptiens ont également joué un rôle important au sein des organisations internationales et régionales, contribuant aux débats sur la paix, le développement, les droits des peuples et la coopération internationale.
L’Égypte a notamment été l’un des acteurs fondateurs de plusieurs organisations régionales et continentales, affirmant ainsi sa position comme puissance diplomatique influente au Moyen-Orient et en Afrique.
Une diplomatie en constante évolution
Le ministre Badr Abdelatty a également mis en avant les profondes transformations qu’a connues l’institution diplomatique au cours des dernières décennies.
Parmi les évolutions les plus marquantes figure l’augmentation significative de la participation des femmes dans les carrières diplomatiques.
Selon les chiffres présentés par le ministre, les femmes représentent aujourd’hui près de 40 % des effectifs du ministère des Affaires étrangères. Elles occupent désormais des postes de responsabilité dans de nombreuses représentations diplomatiques à travers le monde.
Des ambassadrices égyptiennes dirigent actuellement plusieurs missions dans des capitales stratégiques et au sein d’organisations internationales importantes. Cette évolution reflète la volonté de l’institution de promouvoir davantage l’égalité des chances et de valoriser les compétences féminines dans la représentation extérieure du pays.
Une mission tournée vers l’avenir
Au-delà de la célébration du passé, les responsables égyptiens ont insisté sur les défis qui attendent la diplomatie nationale dans les années à venir.
Dans un monde confronté à des crises sécuritaires, économiques, climatiques et humanitaires de plus en plus complexes, la diplomatie demeure un outil essentiel pour préserver les intérêts de l’État et contribuer à la stabilité régionale et internationale.
Les autorités considèrent que l’expérience accumulée au cours de deux siècles constitue un atout précieux pour faire face à ces nouveaux défis. La formation des jeunes diplomates, le développement des compétences technologiques et l’adaptation aux nouvelles réalités internationales figurent parmi les priorités de l’institution.
Un anniversaire symbole de continuité et de modernité
La célébration du bicentenaire du ministère des Affaires étrangères apparaît ainsi comme bien plus qu’un simple anniversaire institutionnel. Elle constitue l’occasion de mettre en lumière une tradition diplomatique qui s’étend sur plusieurs millénaires et qui continue de jouer un rôle central dans la politique étrangère de l’Égypte.
Entre héritage pharaonique, construction de l’État moderne et adaptation aux enjeux contemporains, la diplomatie égyptienne revendique une place singulière dans l’histoire mondiale. En rendant hommage aux générations de diplomates qui ont servi le pays depuis deux siècles, le président Al-Sissi a souligné la continuité d’une mission fondée sur la défense des intérêts nationaux, la promotion du dialogue et la recherche de la paix.
Alors que l’Égypte regarde vers l’avenir, ce bicentenaire rappelle que sa diplomatie demeure l’un des piliers essentiels de son influence régionale et internationale.


