Éliminée avant cette dernière journée, la Turquie a quitté la Coupe du monde 2026 avec les honneurs en s'imposant 3-2 face aux États-Unis. Dans un match spectaculaire disputé devant un SoFi Stadium en ébullition, Kaan Ayhan a offert la victoire aux siens dans la huitième minute du temps additionnel, infligeant aux Américains leur première défaite du tournoi.
Déjà assurés de terminer en tête du groupe D après leurs succès contre le Paraguay et l'Australie, les États-Unis abordaient cette dernière rencontre sans véritable pression. Le sélectionneur Mauricio Pochettino avait choisi de faire largement tourner son effectif en alignant neuf nouveaux titulaires afin de préserver ses cadres avant les seizièmes de finale, où les Américains affronteront la Bosnie-Herzégovine.
Malgré ce large remaniement, les États-Unis ont parfaitement entamé la rencontre. Dès la troisième minute, le défenseur central Auston Trusty a profité d'un corner parfaitement frappé par Sebastian Berhalter pour ouvrir le score d'une puissante reprise de la tête. Le stade de Los Angeles a explosé de joie tandis que les supporters américains célébraient un début de match idéal.
Cette réalisation avait également une portée historique. Il s'agissait du septième but inscrit par les États-Unis depuis le début de cette Coupe du monde, égalant ainsi leur meilleur total offensif lors d'une phase de groupes. Ce but était aussi le 173e de la compétition, établissant un nouveau record du nombre total de buts marqués dans une édition de la Coupe du monde, dépassant le précédent record établi au Qatar en 2022.
Mais la Turquie, pourtant déjà éliminée de la compétition, n'avait aucune intention de quitter le tournoi sans livrer bataille. Les hommes de Vincenzo Montella ont immédiatement réagi avec beaucoup de caractère et une grande qualité technique.
À la dixième minute, Barış Alper Yılmaz a parfaitement combiné avec Arda Güler. Le jeune milieu offensif du Real Madrid a conclu cette magnifique action collective d'une frappe précise qui a laissé Matt Turner sans réaction. Ce but a relancé une équipe turque déterminée à offrir une dernière victoire à ses supporters.
Au fil des minutes, la Turquie a pris confiance. Arda Güler s'est progressivement imposé comme le véritable maître à jouer de son équipe. Sa qualité de passe, sa vision du jeu et sa capacité à accélérer les offensives ont posé de nombreux problèmes à une défense américaine largement remaniée.
À la 31e minute, le jeune prodige turc s'est encore illustré. Après une nouvelle accélération dans l'entrejeu, il a lancé une attaque qui s'est conclue par une passe décisive vers Orkun Kökçü. Le milieu de terrain n'a pas tremblé et a trompé Matt Turner d'une frappe à bout portant. En seulement deux tirs cadrés au cours de la première période, la Turquie avait inscrit deux buts et renversé complètement la situation.
Les Américains sont rentrés aux vestiaires menés malgré une entame idéale. Mauricio Pochettino a demandé davantage d'intensité à ses joueurs, et la réaction ne s'est pas fait attendre.
Quatre minutes seulement après le retour des vestiaires, Sebastian Berhalter a remis les deux équipes à égalité. Profitant d'un ballon mal repoussé à une vingtaine de mètres du but, le milieu américain a déclenché une frappe puissante qui est venue se loger au fond des filets d'Uğurcan Çakir. Ce but récompensait les efforts américains et relançait totalement le suspense.
À 2-2, les deux équipes ont continué à se livrer un duel très ouvert. Les États-Unis cherchaient à préserver leur dynamique avant les matches à élimination directe, tandis que la Turquie voulait quitter le tournoi sur une note positive.
L'entrée en jeu de Christian Pulisic à la 58e minute a constitué l'un des temps forts de la seconde période. Le capitaine américain retrouvait enfin la compétition après avoir été éloigné des terrains pendant près de deux semaines en raison d'une blessure au mollet contractée lors du match d'ouverture face au Paraguay.
Accueilli par une immense ovation du public du SoFi Stadium, le milieu offensif de l'AC Milan a immédiatement apporté sa vitesse et sa créativité. Quelques instants après son entrée, il a réalisé une magnifique percée sur le côté gauche qui a créé une occasion dangereuse pour les États-Unis.
À la 63e minute, Pulisic est même passé tout près de donner l'avantage à son équipe. Lancé par une excellente passe de Berhalter, il a décoché une frappe rapide qui semblait prendre le chemin des filets. Mais le gardien turc Uğurcan Çakir a réalisé une intervention exceptionnelle en détournant le ballon sur son poteau. Dans la foulée, Brenden Aaronson a hérité du ballon devant le but vide mais a totalement manqué sa reprise, laissant échapper une occasion énorme.
Cette séquence a marqué un tournant psychologique dans la rencontre. Les Américains ont continué à pousser, mais ils se sont heurtés à une défense turque courageuse et parfaitement organisée autour d'un Uğurcan Çakir impérial dans ses interventions.
Au fil des minutes, le rythme est resté soutenu. Les deux équipes se sont procuré plusieurs situations intéressantes, sans toutefois réussir à faire la différence. Alors que le temps réglementaire touchait à sa fin, tout semblait indiquer que cette rencontre allait se conclure sur un score de parité.
Mais la Turquie réservait encore une dernière émotion à ses supporters.
Dans la huitième minute du temps additionnel, les Turcs ont lancé une ultime offensive. Can Uzun s'est parfaitement démarqué au second poteau avant de récupérer le ballon dans un espace laissé libre par la défense américaine. Face à Matt Turner, sorti à sa rencontre, il a eu la lucidité de transmettre le ballon à Kaan Ayhan. Arrivé lancé, le défenseur s'est jeté pour pousser le ballon dans le but vide, déclenchant une explosion de joie sur le banc turc.
Ce but inscrit sur la toute dernière action de la rencontre a offert à la Turquie sa seule victoire dans cette Coupe du monde 2026. Bien qu'insuffisante pour éviter l'élimination, cette performance récompense la détermination d'une équipe qui n'a jamais cessé de croire en ses chances.
Pour les États-Unis, cette défaite reste sans conséquence au classement. Déjà qualifiés en tête du groupe D, les hommes de Mauricio Pochettino peuvent désormais se concentrer sur leur prochain rendez-vous face à la Bosnie-Herzégovine en seizièmes de finale. Le retour encourageant de Christian Pulisic constitue d'ailleurs une excellente nouvelle pour la suite du tournoi.
Du côté turc, cette victoire permet de quitter la compétition avec dignité. Portée par un Arda Güler brillant dans l'animation offensive, un Uğurcan Çakir décisif dans les moments difficiles et un Kaan Ayhan héroïque dans les derniers instants, la sélection de Vincenzo Montella a démontré qu'elle possédait un potentiel prometteur pour les prochaines échéances internationales.
Même si l'aventure mondiale s'achève dès la phase de groupes, cette victoire spectaculaire contre le pays hôte restera l'un des plus beaux souvenirs de la Turquie dans cette Coupe du monde 2026. Un succès obtenu au terme d'un scénario haletant qui rappelle une nouvelle fois toute l'imprévisibilité et toute la magie du football.

