Al-Sissi a affirmé que l’Egypte n’avait jamais utilisé la question des réfugiés à des fins politiques, insistant sur la nécessité d’appliquer le principe du partage des charges et des responsabilités et d’accroître le soutien international destiné à l’Egypte.
Le président Abdel Fattah Al-Sissi a insisté sur la nécessité d’un soutien international accru à l’Egypte dans la gestion des réfugiés. Lors d’un entretien avec Barham Salih, Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, il a appelé à l’application du principe de « partage des charges et des responsabilités » et a souligné l’importance d’accompagner le nouveau système national d’asile, dont les mécanismes de mise en œuvre sont actuellement en cours de finalisation.
Selon un communiqué publié jeudi 25 juin, cette rencontre s’est déroulée en présence du ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, de la représentante du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) auprès de l’Egypte et de la Ligue des pays arabes, Hanan Hamdan, de la directrice régionale du HCR pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, Rema Jamous Imseis, ainsi que de Riz Gardi, assistante spéciale du Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés.
Pour une approche globale de la question des réfugiés
Au cours de cette rencontre, Al-Sissi a appelé à soutenir le nouveau système national de gestion des questions d’asile, dont les cadres d’application sont actuellement en cours de finalisation.
Le 19 juin dernier, le gouvernement a publié le règlement d’application de la loi relative à l’asile des étrangers, promulguée par la loi n° 164 de 2024, à travers le décret du premier ministre n° 1568 de 2026.
Ce texte fixe le cadre pratique et administratif de la première législation égyptienne intégrée consacrée à l’asile et ouvre la voie à une prise en charge progressive par les autorités nationales.
Al-Sissi a plaidé en faveur d’une « approche globale du phénomène des réfugiés et des déplacés », visant à traiter ses causes profondes, les crises politiques autant que les défis économiques.
Al-Sissi a souligné que « l’Egypte n’avait jamais utilisé la question des réfugiés à des fins politiques, insistant sur la nécessité d’appliquer le principe du partage des charges et des responsabilités et d’accroître le soutien international destiné à l’Egypte. »
Selon le communiqué, le président Al-Sissi a réaffirmé « l’attachement de l’Egypte à la coopération établie avec le HCR afin d’assurer la protection internationale des réfugiés et des demandeurs d’asile résidant en Egypte, ainsi que la gestion des procédures d’asile conformément à la législation nationale en vigueur. »
Al-Sissi a également souligné la disponibilité de l’Egypte à poursuivre cette coopération dans le but de renforcer la solidarité internationale et de soutenir les réfugiés.
La nécessité d’un soutien international
Al-Sissi a passé en revue sur les efforts déployés par l’Egypte, qui accueille plus de 10,5 millions d’étrangers, de migrants et de réfugiés de diverses nationalités, dans un contexte marqué par de multiples crises régionales et internationales.
Al-Sissi a rappelé « l’engagement de l’Etat à leur fournir les services essentiels dans la limite de ses capacités, tout en veillant au respect des lois égyptiennes et des obligations internationales du pays ».
De son côté, le Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Barham Saleh, a également salué les mesures prises par l’Egypte pour mettre en place un nouveau système national de gestion de l’asile, notamment la création de la Commission permanente chargée des affaires des réfugiés.
Il a également réaffirmé la volonté du HCR d’apporter tout le soutien nécessaire à ces efforts, tout en « renforçant sa coopération de longue date avec le gouvernement égyptien pour assurer la protection des réfugiés et soutenir les communautés d’accueil ».
Le responsable onusien a insisté sur la nécessité d’accroître le soutien international et d’un « partage effectif des responsabilités liées à l’accueil des étrangers, des migrants et des réfugiés ».
Enfin, le responsable des Nations unies a présenté au président sa vision de l’action du HCR au cours de la prochaine période, dans un contexte marqué par l’aggravation des défis mondiaux liés aux déplacements forcés.
Saleh a évoqué la stratégie de l’organisation visant à réduire le nombre de réfugiés à l’échelle mondiale et a exprimé son souhait de poursuivre la coopération avec l’Egypte dans ce domaine, compte tenu de son rôle central dans les différentes questions régionales et internationales.
La loi n° 164 de 2024
Par le décret n° 1568 de 2026, publié le 19 juin dernier, le premier ministre égyptien a approuvé le règlement d’application de la loi n° 164 de 2024 relative à l’asile des étrangers.
Le règlement prévoit également des dispositions transitoires destinées à organiser la situation des réfugiés et des demandeurs d’asile titulaires de cartes délivrées par le bureau du Haut-Commissariat des Nations-Unies pour les Réfugiés (HCR) en Egypte avant l’entrée en application du nouveau dispositif.
Le règlement prévoit aussi la création de la « Commission permanente des affaires des réfugiés », un organisme national appelé à assumer progressivement les responsabilités jusqu’alors exercées par le HCR. Cette commission est composée de représentants des ministères de l’Intérieur, des Affaires étrangères, de la Justice et des Finances, ainsi que d’un secrétariat technique réunissant des experts spécialisés dans les questions d’asile et de migration.
Ces derniers mois, la présence des réfugiés en Egypte a suscité un vif débat au sein de l’opinion publique, dans un contexte marqué par l’augmentation de leur nombre à la suite des conflits successifs dans la région, notamment au Soudan, en Syrie et dans la bande de Gaza.
Les réactions sont partagées entre la solidarité humanitaire et les préoccupations économiques et sociales.


